La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a décidé de reporter sa participation au Sommet de l’élevage près de Clermont-Ferrand, où elle devait intervenir mardi. Le report a été annoncé par son cabinet lundi, à la demande du Premier ministre. Cette décision fait suite aux craintes exprimées par la préfecture locale quant à la sécurité de la ministre lors des manifestations étudiantes prévues le 6 octobre. Genevard devait initialement assister à l’événement d’ouverture du sommet, Pâture, le 5 octobre, et participer à l’inauguration de la foire de Cournon-d’Auvergne le 6 octobre aux côtés du président de la foire, Jacques Chazalet. Elle devait également clore la conférence Les agriculteurs, les pâturages, les revenus et les territoires : quelle PAC pour continuer à produire demain ? et rencontrer des élus locaux ainsi que des responsables agricoles. La décision de reporter la visite de la ministre intervient alors que des manifestations étudiantes sont prévues pour le 6 octobre. La semaine dernière, le ministre Sébastien Lecornu avait demandé à ses collègues d’annuler leurs déplacements en raison des mobilisations menées par les étudiants, afin de permettre aux autorités locales de se concentrer sur la gestion de la situation. Genevard avait initialement obtenu l’autorisation de participer au sommet et devait arriver à Clermont-Ferrand dès lundi soir. Sa visite devait inclure une rencontre avec des éleveurs menacés de manifester avec leurs tracteurs après les travaux agricoles d’automne. Ce déplacement est désormais attendu plus tard dans la semaine. Les syndicats agricoles expriment leur frustration face à la proposition budgétaire récente du gouvernement, qu’ils jugent insuffisante pour répondre à la crise des conditions estivales ayant lourdement affecté l’agriculture française. Les associations spécialisées dans l’élevage des ruminants au sein de la FNSEA (FNB, FNO, FNPL, FNEC) ont appelé le gouvernement à s’engager, dans le projet de loi de finances 2027, à ajuster financièrement les compensations pour les éleveurs subissant des pertes de pâturages. Ces pertes sont importantes en raison du manque de pluie depuis le printemps, contraignant les éleveurs à utiliser les fourrages d’hiver plus tôt que d’habitude. La FNSEA demande également la publication d’une « carte nationale » estimant les pertes de pâturages à partir de données satellites, et critique l’écart entre ces données et les constats de terrain, qui indiquent des pertes dépassant 50 % dans la plupart des départements. Les syndicats appellent le gouvernement à adopter une nouvelle méthode de suivi des pertes et à corriger les compensations « issues de l’assurance et de la solidarité nationale » dans le budget 2027. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a indiqué, dans un communiqué diffusé lundi, qu’un plan de relance pour l’agriculture est en cours d’élaboration. Ce plan vise à alimenter les discussions parlementaires autour du budget 2027 et à accompagner la transformation de l’agriculture dans les années à venir. Elle s’est dite satisfaite que « les mesures prioritaires en faveur des agriculteurs » soient préservées dans le budget 2027. La Coordination rurale (CR) a réclamé une « traduction concrète » du plan de relance annoncé, en demandant notamment la publication des décrets mettant en œuvre la loi d’urgence agricole. La Confédération paysanne exige quant à elle que le budget 2027 permette d’abord à chaque exploitation de surmonter la crise actuelle, puis de réorienter le modèle agricole vers une plus grande résilience. Le syndicat a également appelé ses membres à rejoindre les manifestations étudiantes, comme l’a annoncé un message publié sur Facebook le 4 octobre. « Nous allons nous joindre à la colère de la jeunesse et y ajouter la nôtre », a déclaré le syndicat, dont des représentants devaient assister au Sommet de l’élevage.