Le Sommet de l’élevage s’ouvrira mardi en Auvergne, attirant plusieurs candidats à la présidence et des responsables agricoles. L’événement intervient alors que les agriculteurs traversent une année difficile marquée par une sécheresse sévère, qui a perturbé la croissance des cultures et le pâturage du bétail. Ces conditions sèches ont alimenté une frustration généralisée parmi les agriculteurs, qui estiment que leurs préoccupations ne sont pas suffisamment prises en compte. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, devrait être présente, mais d’autres ministres ont annulé leurs déplacements en raison des manifestations étudiantes. Les agriculteurs, eux, attendent toujours les aides financières promises, qui n’ont pas encore été versées. Marie-Laurence Michallet, secrétaire générale des Jeunes Agriculteurs (JA) en Auvergne-Rhône-Alpes, a souligné que les agriculteurs ne se contentent pas de petites aides. Le gouvernement a alloué plus d’un milliard d’euros d’aides d’urgence et promis un plan de relance à long terme pour l’agriculture, mais un mois après l’annonce, aucun fonds n’a été reçu. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a exprimé sa frustration face à la proposition budgétaire, qui a provoqué la colère des syndicats agricoles. Ceux-ci estiment que la crise exige plus de moyens que l’an dernier et prévoient de faire pression sur les législateurs pour faire entendre leurs revendications. La région du Massif central, où se tient le sommet, a été particulièrement touchée par la sécheresse. Les pâturages n’ont pas repoussé depuis la fin du printemps, contraignant les agriculteurs à puiser plus tôt que prévu dans leurs réserves de fourrage d’hiver. Beaucoup ont également fait redescendre leurs troupeaux des alpages, où l’herbe est insuffisante. Patrick Benezit, président de la FNB, met en garde : l’automne ne permettra pas de reconstituer suffisamment de fourrage pour nourrir le bétail. Il demande une révision de l’indice des pâturages, que les agriculteurs jugent inadapté pour refléter les pertes subies. Plusieurs candidats à la présidence, dont Marine Le Pen (RN) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), sont attendus au sommet, qui sera également marqué par la présence de Gabriel Attal et Fabien Roussel. Si les responsables agricoles estiment que les candidats soutiennent généralement leur cause, ils restent prudents quant aux suites après les élections. Le Sommet de l’élevage est un événement majeur, attirant 120 000 visiteurs, 1 800 exposants et 2 000 animaux de 70 races. Il abritera également un forum sur la santé animale et servira de rassemblement final avant la clôture des travaux du Conseil sanitaire en mi-octobre.