La **Cour de cassation**, plus haute instance judiciaire française en matière civile et pénale, a rejeté mercredi 30 septembre l’appel de Rexhino Abazaj, dit « Gino », un militant antifasciste albanais. Cette décision confirme un arrêt antérieur de la cour d’appel de Paris, qui avait ordonné son transfèrement aux autorités allemandes. Gino, qui vivait à Paris en tant que réfugié sous contrôle judiciaire, risque désormais d’être remis à l’Allemagne, où il pourrait être transféré en Hongrie. Il est accusé d’actes de violence contre des néonazis allemands, notamment des agressions commises à Budapest en février 2023 à coups de matraques et de marteaux.
L’affaire de Gino suscite des interrogations en raison de contradictions apparentes dans la position française concernant son transfèrement. Un premier rapport indiquait que la France avait déjà refusé en 2025 de le livrer à la Hongrie, tandis qu’un autre évoquait une peine pouvant aller jusqu’à 24 ans de prison en Hongrie ou jusqu’à 10 ans en Allemagne. La **Cour de cassation** a donné raison au parquet, rejetant l’appel de Gino et mettant ainsi un terme à ses recours en France.
L’équipe juridique de Gino, dont fait partie l’avocat Laurent Pasquet-Marinacce, a critiqué la décision, estimant que la cour a « validé sans réserve les exigences allemandes, dont l’aspect abusif est flagrant, sans tenir compte de la sécurité personnelle de Gino, ce qui est déplorable ». Thomas Portes, député LFI et soutien de Gino, a dénoncé une décision qui fait de la France « complice des attaques contre les militants antifascistes » et a plaidé pour que Gino bénéficie d’une protection citoyenne, la sentence mettant selon lui sa vie et sa sécurité en danger.
Le soutien à Gino dépasse le cadre des seuls responsables politiques de gauche, incluant des membres des partis PCF et écologistes, ainsi que des figures culturelles comme Annie Ernaux, lauréate du prix Nobel de littérature en 2022. Le Comité de solidarité avec Budapest, qui soutient Gino, organise une réunion à la Bourse du Travail à Paris à partir de 18 h 30 mercredi. L’événement portera sur la « criminalisation de l’antifascisme », et le député LFI Éric Coquerel devrait y participer.
L'appel de l'activiste anti-fasciste albanais rejeté, le transfert en Allemagne confirmé
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