La France envisage la construction d'un second porte-avions pour assurer une disponibilité militaire continue, alors que le Charles de Gaulle peine à être disponible et vieillit.
La Marine française veut un second porte-avions
La Marine nationale réfléchit depuis longtemps à la nécessité d'un second porte-avions afin de garantir une disponibilité militaire permanente, un sujet remis récemment au premier plan par le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées. Ce dernier a insisté sur l'importance de maintenir un outil de combat fiable, rappelant que le porte-avions Charles de Gaulle n'est disponible que 65 % du temps, un niveau insuffisant au regard de la régularité requise.Les limites du porte-avions actuel
Le Charles de Gaulle, seul porte-avions de la France, a été fortement sollicité, au-delà des limites opérationnelles de ses prédécesseurs. Il a effectué davantage de lancements de catapulte et parcouru plus de distance que le Foch et le Clemenceau. Le député Yannick Chenevard, chargé du suivi des programmes navals, a souligné que prolonger le service du navire au-delà de 2040 nécessiterait un carénage coûteux, estimé à 2 milliards d'euros, pour des bénéfices limités.Les projets de porte-avions futurs
L'amiral Christophe Cluzel, chef d'état-major de la Marine nationale, a indiqué que le porte-avions de nouvelle génération « France Libre » devrait commencer ses essais en mer entre 2036 et 2038. Cela permettrait à terme le déploiement d'un second porte-avions, assurant ainsi un format à deux navires. Le Charles de Gaulle, en revanche, pourrait ne pas voir sa durée de vie prolongée en raison de la forte utilisation de ses réacteurs nucléaires, ce qui rend une prolongation de quatre ans peu probable.Estimations de coût pour un second porte-avions
Yannick Chenevard estime qu'un second porte-avions de nouvelle génération coûterait environ 30 % de moins que le « France Libre », grâce au partage des frais de développement et aux économies d'échelle. Ces estimations seront détaillées dans les rapports gouvernementaux soumis au Parlement en 2028. Pour réaliser ces économies, la commande du second navire devra être passée d'ici 2029, selon le député.Infrastructures et besoins opérationnels
La construction d'un second porte-avions pourrait être confiée au chantier Chantiers de l'Atlantique, à condition qu'il reprenne la conception du « France Libre ». Yannick Chenevard a noté qu'un second bassin de radoub pourrait ne pas être nécessaire, les infrastructures existantes, comme les travaux de Milhaud 7, prévoyant déjà un second quai. Des coûts supplémentaires pourraient toutefois apparaître pour le groupe aérien, nécessitant potentiellement davantage d'avions et de systèmes de soutien, comme des avions de guet aérien.