Un rapport recommande un second porte-avions pour réaliser des économies

Un rapport parlementaire signé par Yannick Chenevard affirme que la commande d'un second porte-avions avant 2029 permettrait de réaliser 30 % d'économies, en maintenant une production continue aux Chantiers de l'Atlantique, le chantier naval chargé de la construction du France Libre, actuellement en cours de fabrication. Le rapport oppose cette option à la prolongation du porte-avions actuel, le Charles de Gaulle, qui coûterait 2 milliards d'euros et ne constituerait qu'une solution provisoire.

Les limites du porte-avions actuel

Le Charles de Gaulle, seul porte-avions de la France, est en service depuis 25 ans et affiche un taux de disponibilité opérationnelle de 63 %. Le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées, estime qu'un taux de 65 % n'est toujours pas satisfaisant. Entre 2027 et mars 2029, le Charles de Gaulle subira un arrêt technique majeur, laissant la France sans capacité autonome de projection aérienne navale pendant plus de deux ans.

Les économies liées à une production continue

Selon le rapport Chenevard, la commande d'un second porte-avions immédiatement après le France Libre permettrait de réaliser 30 % d'économies par rapport au coût du premier navire. Ces économies proviennent des coûts de développement déjà amortis et du savoir-faire conservé aux Chantiers de l'Atlantique. Une interruption de la production obligerait à reconstituer ces compétences à un coût élevé, selon Zone Militaire.

Le coût d'une prolongation du porte-avions actuel

Le rapport écarte l'idée de prolonger le Charles de Gaulle au-delà de 2040, en soulignant qu'un quatrième arrêt technique majeur coûterait 2 milliards d'euros pour seulement quelques années de service supplémentaires. Un second porte-avions neuf, dont la durée de vie est de plusieurs décennies, serait plus rentable. Les essais en mer du France Libre devraient commencer entre 2036 et 2038, ce qui impose de passer commande du second navire avant 2029 pour maintenir la capacité opérationnelle.

Infrastructures et main-d'œuvre

Le rapport indique que le second groupe aérien embarqué aurait besoin de 12 Rafale Marine supplémentaires et de 2 avions Hawkeye, déjà prévus dans le budget de la Marine. Un dock supplémentaire à Toulon suffirait, évitant la construction d'un second bassin, très coûteux. Les Chantiers de l'Atlantique, implantés à Saint-Nazaire, occupent une place centrale dans l'industrie navale française, et un second porte-avions permettrait de maintenir leurs effectifs mobilisés jusqu'aux années 2040.

Retombées économiques et stratégiques

Un porte-avions fait travailler une large chaîne industrielle, comprenant des sous-traitants dans l'électronique, la propulsion nucléaire et la métallurgie. La commande d'un second navire permettrait de faire vivre cet écosystème pendant une décennie supplémentaire et de créer des milliers d'emplois. Les 10 milliards d'euros investis dans le France Libre illustrent déjà cet effet, et une baisse de 30 % des coûts renforcerait la compétitivité de la France dans la construction navale militaire.

Financement et décision politique

Le coût exact du second porte-avions sera précisé par des études attendues en 2028, qui permettront d'arbitrer entre ce projet et d'autres priorités militaires. Le ministère des Armées devra convaincre le ministère français de l'Économie et des Finances que cet investissement présente un intérêt stratégique et économique. Le président Emmanuel Macron tranchera en dernier ressort, en mettant en balance l'autonomie opérationnelle et les contraintes budgétaires. Retarder la commande risque de refermer la fenêtre budgétaire avant 2038.