Disponibilité de l'aviation navale remise en question

Le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées, a exprimé en novembre 2025 des inquiétudes quant à la fiabilité de l'aviation navale, déclarant qu'un système disponible seulement 65 % du temps est insuffisant pour des opérations efficaces. Le débat a été suspendu après que la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 mise à jour a reporté la question pour un examen ultérieur.

La stratégie française en matière de porte-avions en discussion

L'amiral Christophe Cluzel, chef d'état-major de la Marine, a évoqué la nécessité pour la France de maintenir sa supériorité aéronavale lors de sa première audition parlementaire. Il a suggéré que deux porte-avions seraient nécessaires pour assurer une présence d'alerte constante, tandis que trois permettraient d'assurer une présence continue en mer. Il a souligné que cette décision serait, en définitive, une décision politique.

Les futurs projets de porte-avions de la France

La Marine nationale prévoit d'exploiter deux porte-avions entre 2036 et 2038, en lien avec l'arrivée du « France Libre » et le retrait du Charles de Gaulle. Ce calendrier pourrait toutefois être influencé par d'éventuelles évolutions dans l'utilisation par la marine américaine des catapultes électromagnétiques (EMALS), un sujet abordé dans une ordonnance présidentielle de 2024 signée par Donald Trump.

Efficacité des EMALS américains et dépendance de la France

L'amiral Cluzel a évoqué l'utilisation des EMALS par la marine américaine avec l'amiral Daryl Caudle, notant que le système américain affiche un taux de disponibilité proche de 98 %. La marine américaine prévoit de disposer de trois porte-avions à propulsion nucléaire équipés d'EMALS, bénéficiant d'une infrastructure solide de production et de maintenance. Cluzel n'a exprimé aucune inquiétude quant à l'avenir du contrat EMALS.

Les défis du développement des EMALS en France

Si l'amiral Cluzel estime que l'industrie française peut développer des EMALS, il a mis en garde contre des coûts plus élevés et des retards susceptibles d'affecter le calendrier du « France Libre ». La LPM 2024-2030 mise à jour comprend une étude sur la capacité de la France à produire des EMALS sur son sol. Le délégué général pour l'armement sera chargé de ces questions, tandis que la Marine nationale cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis grâce à la formation, à l'achat de pièces de rechange et au développement des compétences en matière de maintenance et d'exploitation.