Gex, une ville proche de Genève, connaît un regain dans son secteur laitier, en partie grâce aux efforts de jeunes agriculteurs comme Arnaud Josserand. Il y a dix ans, l’industrie laitière de la région était en déclin, mais Arnaud, qui a repris l’exploitation familiale en 2016, s’est attelé à la relancer. Son exploitation, située près du piémont du Jura, produit 550 000 litres de lait par an sur 110 hectares, dont 70 sont dédiés aux prairies. Avec l’aide de son conseiller en élevage, Hervé Balanche, Arnaud a optimisé la gestion du troupeau et le bien-être animal, en cherchant un équilibre entre efficacité économique et charge de travail. L’an dernier, il a installé un robot de traite pour rationaliser les opérations et réduire la main-d’œuvre. Le parcours d’Arnaud a commencé au Canada, où il a effectué un stage d’un an après avoir obtenu son BTS Acse, un diplôme professionnel français. C’est là qu’il a réalisé à quel point il aimait travailler avec les vaches laitières. De retour en France, il a choisi de s’installer à Gex, où l’exploitation familiale était gérée par son père et un associé non familial. Le troupeau laitier avait été négligé au profit des cultures, et la douzaine de vaches de race Montbéliarde, une race laitière, n’étaient pas productives. Après le départ de l’associé, Arnaud a pris les rênes de l’exploitation, réinscrivant le troupeau au contrôle laitier et introduisant de nouvelles techniques comme le génotypage des veaux, des semences sexées et un système de pâturage tournant dynamique. Ces changements ont amélioré la qualité du lait et augmenté la production. En sept ans, le troupeau est passé de 30 à 50 vaches, et la production laitière par vache a doublé, passant de 19 à 36 litres par jour. Les améliorations de la qualité du lait ont permis à Arnaud de récupérer une prime de 15 euros par 1 000 litres. Il attribue son succès au soutien de son conseiller et de son père, qui lui a laissé la liberté de mettre en œuvre ses idées. Les investissements dans l’exploitation, s’élevant à 170 000 euros, ont permis d’améliorer le confort des animaux et les conditions de production, notamment par l’agrandissement des étables, l’installation de filets pare-vent et la modernisation des systèmes d’alimentation. En 2025, Arnaud a décidé d’automatiser la traite avec un nouveau box acheté 175 000 euros. Cette initiative a permis de maintenir la production malgré des défis comme les difficultés de pâturage dues à la sécheresse et aux fortes chaleurs. Si le plan de pâturage pour 2026 n’a pas été pleinement couronné de succès, le robot de traite s’est révélé efficace, économisant deux heures de travail par jour et améliorant la productivité. Arnaud envisage désormais d’embaucher de l’aide supplémentaire et de mettre en place d’autres améliorations, dont de nouvelles méthodes de travail du sol pour assurer la durabilité de son exploitation pour les générations futures.