Au Théâtre Ouvert à Paris, une nouvelle création mise en scène par Céleste Germe et inspirée du texte de la jeune dramaturge Marine Chartrain s’avère à la fois radicale et envoûtante. La pièce, Lac artificiel, met en lumière Maëlys Ricordeau dans une interprétation puissante et intense de deux adolescentes naviguant une nuit où se brouillent les frontières entre mémoire et réalité. La production s’ouvre sur une double mise en scène frappante : une scénographie physique et un récit textuel qui fonctionnent de concert pour créer une atmosphère mystérieuse et immersive. La scène, conçue par James Brandily et Sébastien Lefèvre, présente une table en plexiglas, un micro, une table de mixage et quelques feuilles disposées en tas, le tout baigné d’une obscurité profonde que perce finalement un unique faisceau de lumière. Le texte, écrit par Marine Chartrain, plante le décor avec une description poétique, presque cartographique, d’un paysage périurbain, guidant le public à travers un voyage aussi ancré dans le lieu que dans l’émotion.
La pièce débute par une réplique simple mais évocatrice : « Un parking vide. Devant le parking vide : le club Pacha. » Ce cadre ouvre l’histoire de Laura et Salomé, deux adolescentes qui décident de sortir danser une nuit d’été. Pourtant, Salomé se trouve dans un état étrange, oscillant entre des souvenirs d’enfance et une soirée précise impliquant sa mère et un garçon prénommé Lucas. Le récit se déploie avec un rythme à la fois précis et intense, porté par un langage concis et presque percussif. L’écriture de Chartrain, rappelant son précédent travail Feu du Ciel, évite les fioritures inutiles et privilégie un flux qui alterne entre pics soudains et chutes abruptes, permettant au public de saisir des détails subtils qui enrichissent l’histoire.
Lac artificiel explore les dynamiques complexes de l’amitié, les rapports de pouvoir changeants entre les individus et les tensions souvent inexprimées qui peuvent naître entre proches. La pièce interroge comment les relations peuvent se tendre, comment des moments de rupture peuvent sembler inévitables, et comment le passé peut influencer l’instant présent de manière inattendue. Sous la direction de Céleste Germe, la performance saisit ces thèmes avec une intensité singulière, renforcée par la conception sonore de Jacob Stambach et la mise en images de Jérôme Tuncer. Ces éléments permettent à Maëlys Ricordeau d’incarner à la fois Laura et Salomé, soulignant la dualité et la tension entre les deux personnages. Son interprétation se distingue par une capacité remarquable à traduire à la fois les paysages physiques et émotionnels de la pièce, plongeant le public dans un univers à la fois ancré et éthéré.
Lac artificiel est une production de Das Plateau, un collectif cofondé par Céleste Germe et d’autres. Elle bénéficie du soutien de plusieurs organismes, dont l’Association Beaumarchais - SACD et la Région Île-de-France. La pièce sera présentée au Théâtre Ouvert à Paris du 7 au 17 octobre 2026, avant d’être jouée à Marseille et Saint-Étienne au début de l’année 2027. Elle s’annonce comme une exploration captivante de la mémoire, de l’amitié et des frontières fragiles entre réalité et imagination.
Lac artificiel explore l'amitié brisée dans une production théâtrale
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Sceneweb



