Les nouveaux sites de « recherche » vendent l'accès à des données personnelles volées, suscitant des inquiétudes réglementaires et des risques de cybercriminalité.
Essor des sites de recherche
Un nouveau type de moteur de recherche, appelé « lookups », a prospéré sur internet ces derniers mois. Contrairement aux moteurs de recherche traditionnels, ces sites ne référencent pas des sites web, mais permettent aux internautes de rechercher des données personnelles compromises lors de fuites de données. Parmi les exemples de tels sites figurent BrixHub, SnusBase, Reacher, Stryxx, LeakCheck et DeHashed.Services proposés par les sites de recherche
Ces sites promettent souvent de vérifier si les données d'un utilisateur ont fuité et, dans de nombreux cas, proposent des services payants pour supprimer ces données. Toutefois, les experts mettent en garde contre l'utilisation de ces services, car ils ne garantissent pas la suppression définitive des informations personnelles.Facilitation de la fraude et de l'usurpation d'identité
Selon des rapports, ces sites de recherche facilitent la fraude et l'usurpation d'identité en rendant accessibles des informations sensibles. Par exemple, BrixHub facture aux utilisateurs 5 euros pour supprimer 10 fichiers, 8 euros pour 20 fichiers et 200 euros pour 1 000 fichiers. Ces sites sont connus pour changer de nom et disparaître, pour réapparaître peu de temps après, ce qui complique la tâche des autorités qui cherchent à les suivre et à les réglementer.Réactions politiques et réglementaires
Ce phénomène a attiré l'attention de responsables politiques et d'organismes de régulation. En juin 2026, le député Renaissance des Côtes-d'Armor, Eric Bothorel, a saisi la justice au sujet de trois de ces sites de recherche. Plus récemment, la ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, a engagé une démarche similaire contre BrixHub. La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) s'est dite préoccupée par l'existence de ces sites de recherche sur les réseaux sociaux. Elle indique recevoir de nombreuses plaintes, mais peine à agir, en raison de la difficulté à identifier les responsables des sites et à obtenir des réponses des hébergeurs.Effets néfastes des sites de recherche
Ces sites sont considérés comme nuisibles pour plusieurs raisons. Ils facilitent la fraude et l'usurpation d'identité en donnant aux escrocs accès à des informations personnelles. En outre, ils exploitent commercialement les données volées, ce qui contribue à la multiplication des campagnes d'hameçonnage, de fraudes à la carte bancaire et d'autres cybercrimes.Fréquence des fuites de données
Les fuites de données personnelles sont devenues de plus en plus fréquentes. Des incidents notables ont touché des institutions telles que l'Éducation nationale, la Direction générale des Finances publiques, Bloctel, Santé publique France et le ministère de la Transition écologique au cours de l'été 2026. Des acteurs privés, notamment des fournisseurs d'accès à internet et des enseignes commerciales, ont également été touchés.Alternatives aux sites de recherche
Pour vérifier si ses données sont accessibles, les experts déconseillent l'utilisation de ces services de recherche, car ils ne respectent pas la législation sur la protection des données et l'usage qui est fait des données saisies n'est pas clair. Les internautes sont plutôt invités à utiliser le service gratuit Have I Been Pwned, fondé en 2013 par l'expert en cybersécurité Troy Hunt. Bien que ce service soit reconnu par les autorités australiennes et américaines, sa base de données n'est pas exhaustive et peut ne pas être à jour.Recours juridiques au titre du RGPD
En vertu du RGPD (règlement européen sur la protection des données), une indemnisation est possible pour les consommateurs victimes de vol de données personnelles. Toutefois, en pratique, elle est difficile à obtenir, car les victimes doivent prouver que l'organisation attaquée a violé le RGPD, que cette violation a causé un préjudice et qu'il existe un lien entre les deux. La procédure implique de saisir un tribunal, ce qui peut dissuader les victimes.