Le 1er octobre, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié une étude sur la pauvreté en France, rédigée par Benjamin Gilbert. Cette recherche a suivi les mêmes individus sur une période de quatre ans, à partir de l’enquête « Statistiques sur les ressources et les conditions de vie » (SRCV), qui constitue la version française d’une initiative européenne collectant des données sur les revenus et les conditions de vie. Les résultats suggèrent que les périodes de pauvreté monétaire se sont allongées au cours des quinze dernières années, même si le nombre total de personnes touchées par la pauvreté n’a pas beaucoup évolué. Une personne est considérée comme pauvre si son niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian. En 2024, 15,4 % des personnes vivant en logement ordinaire se trouvaient dans cette situation, hors territoires d’outre-mer. Ce taux était de 12,9 % en 2008. La proportion de personnes ayant connu la pauvreté au moins une fois est restée globalement stable, à 23,6 % entre 2021 et 2024, un niveau comparable à celui de la période 2008-2011.
Cependant, la persistance de la pauvreté s’accentue. Parmi les personnes pauvres en 2023, 71,4 % l’étaient encore en 2024, le niveau le plus élevé en quinze ans. Cette proportion n’était que de 63,2 % pour celles qui étaient pauvres en 2008. La part de la population restant pauvre pendant quatre années consécutives a presque doublé, passant de 4,3 % entre 2008 et 2011 à 7,2 % entre 2021 et 2024. Elle avait même atteint 8,2 % sur la période 2020-2023. Les sorties durables de la pauvreté restent rares. Parmi les personnes pauvres en 2021, 32,8 % ne l’étaient plus en 2022, mais cette proportion n’augmente que légèrement les années suivantes, pour atteindre 36,8 % en 2024. Seulement 16,5 % de celles qui étaient pauvres en 2021 étaient sorties durablement de la pauvreté au cours des trois années suivantes. Cette part était plus élevée pour les personnes pauvres en 2020 (17,9 %) et s’élevait en moyenne à 21,7 % entre 2008 et 2019.
Sortir de la pauvreté ne garantit pas nécessairement une amélioration significative du niveau de vie. Pour celles et ceux qui en sont sortis entre 2023 et 2024, le niveau de vie médian atteignait 1 580 euros par mois, soit seulement 1,2 fois le seuil de pauvreté. Les situations de pauvreté les plus durables sont aussi les plus sévères. Entre 2021 et 2024, les personnes ayant connu une pauvreté continue avaient un niveau de vie médian de 960 euros par mois, tandis que celles alternant des périodes sous le seuil affichaient un niveau médian de 1 110 euros par mois. Ces chiffres sont exprimés en euros constants 2024.
Le chômage et le niveau d’études jouent un rôle clé. L’emploi constitue le principal facteur de protection contre une pauvreté durable. Parmi les personnes au chômage début 2022, 22,4 % ont connu une pauvreté continue entre 2021 et 2024. Cette proportion tombe à 3,0 % pour les personnes en emploi et à 5,7 % pour les retraités. Le risque relatif de pauvreté durable des chômeurs est presque onze fois supérieur à celui des actifs occupés. De même, les diplômés d’un niveau supérieur à bac+2 ont un risque relatif de pauvreté durable presque trois fois moindre que ceux titulaires d’un baccalauréat. Les familles monoparentales sont 2,5 fois plus exposées à une pauvreté durable que les couples avec enfants. Les jeunes sont également plus vulnérables : au début de la période, 11,2 % des 16-25 ans ont connu une pauvreté continue entre 2021 et 2024, contre 6,7 % parmi l’ensemble des 16 ans et plus. L’Insee souligne que cela s’explique surtout par un effet cumulatif de facteurs de risque plutôt que par l’âge en soi. Les écarts selon le type de logement sont aussi marqués. Dans le parc social, 16,2 % des locataires connaissent une pauvreté continue, contre 9,3 % dans le parc privé. Parmi les primo-accédants à la propriété, cette part tombe à 2,4 %. L’Insee précise cependant que ces différences disparaissent lorsque l’on compare des individus aux caractéristiques similaires. L’étude souligne que ces résultats montrent des associations, et non nécessairement des relations de cause à effet.
Une étude française révèle une augmentation de la durée des épisodes de pauvreté sur quinze ans
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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