Cet été, les maraîchers de la ferme Breau, située le long du fleuve Loire en France, ont commencé à planter des poireaux à 2 heures du matin pour « éviter que les plants ne brûlent ». Ce changement d’horaire inhabituel s’inscrit dans de nouvelles pratiques agricoles imposées par les vagues de chaleur extrême et la sécheresse. Cette exploitation, qui s’étend sur 100 hectares dont 20 dédiés à l’agriculture biologique, est située à Villebernier, près de Saumur. Les sols sableux de cette région sont propices à la culture de légumes, mais les canicules récentes ont rendu les méthodes traditionnelles moins efficaces. Les six associés de la ferme, dont trois jeunes adultes, et leurs dizaines d’employés ont dû adapter leurs routines pour faire face aux défis posés par les conditions météorologiques extrêmes.
La ferme cultive une grande variété de légumes, dont des poireaux, des radis, des tomates, des concombres et surtout de la laitue, sur 40 hectares en plein champ. La culture sous serre commence à l’automne. La laitue, composée à 95 % d’eau, nécessite des précipitations importantes, et la ferme procède désormais aux récoltes avant midi pour éviter que le stress ne pousse la plante à produire davantage de graines. Sébastien Breau, 51 ans, oncle d’Elliott, explique que la plante produit des graines parce qu’elle « sent » qu’elle est en train de mourir et cherche à se reproduire. Pour contrer ce phénomène, la ferme a mis en place des arrosages tardifs en soirée, des plantations nocturnes sous projecteurs et des récoltes tôt le matin.
Les chenilles et les mauvaises herbes ont également été plus nombreuses que d’habitude, ce qui a poussé la ferme à solliciter les conseils de la coopérative Rosée des champs, à laquelle elle est affiliée. La coopérative a envoyé des techniciens pour prodiguer ses conseils durant cet été inhabituel. La ferme a subi une perte de récolte « seulement » de 10 %, alors que la moyenne des pertes chez les maraîchers français s’élève à 35 %, selon le Syndicat des fabricants de produits végétaux prêts à l'emploi (SVFPE), qui a organisé une visite de presse récente. Ce syndicat regroupe aussi bien des coopératives que des groupes privés.
Dans le bassin nantais, où la plupart des exploitations cultivent des jeunes pousses et de la mâche, les producteurs ont opté pour des filets d’ombrage pour protéger leurs cultures. À Villebernier, plusieurs dizaines de mètres des dernières plantations de lollo rossa (laitues rouges) ont bénéficié du « retour des nuits fraîches », souligne Augustin Ringô, directeur général de Rosée des champs. La coopérative dispose de deux sites de transformation de légumes en Maine-et-Loire et dans les Bouches-du-Rhône. Les légumes y sont cueillis, chargés sur les camions de la coopérative, puis lavés, préparés, épluchés et emballés selon leur calibre. Sur les chaînes de production, les ouvriers ont dû ajuster leurs techniques pour manipuler ce nouveau format de laitues, dont le poids est bien inférieur à la normale. Le service statistique du ministère de l’Agriculture, Agreste, publiera ses premières estimations sur les récoltes de légumes d’ici fin octobre.
Les maraîchers français s'adaptent à des conditions estivales inhabituelles
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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