La sécheresse met à l'épreuve un éleveur français

Sébastien Roux, agriculteur à Saint-Diéry, dans le Puy-de-Dôme, gère depuis plusieurs années les défis de la sécheresse estivale. Il souligne que si la sécheresse n'est pas nouvelle dans la région, les pics de chaleur de cette année ont été particulièrement marquants.

La sécheresse a commencé plus tôt que d'habitude

La sécheresse a débuté au début du mois de juin, plus tôt que d'ordinaire. Roux a mis en place plusieurs stratégies pour faire face à ces conditions, notamment en intégrant systématiquement juillet et août dans son bilan fourrager, en constituant des stocks de fourrage supplémentaires et en utilisant haies et parcelles boisées pour offrir de l'ombre. Son objectif est d'être autonome pendant six mois de l'année.

Une exploitation familiale aux objectifs en évolution

Roux dirige l'exploitation familiale depuis 2010, après avoir repris la suite de son père avec sa sœur, puis avec son épouse. Il s'était fixé des objectifs de production, visant 40 vaches en production avec une douzaine en gestation, mais il se retrouve systématiquement à gérer 50 vaches. Il reconnaît avoir pris du retard dans l'amélioration génétique de son troupeau et cherche désormais à optimiser le rendement laitier.

Un nouveau bâtiment, de nouveaux défis

Avec la construction de son nouveau bâtiment en 2017, Roux a constaté une hausse des boiteries dues à la maladie de Mortellaro, un problème qu'il n'avait pas connu dans ses anciens bâtiments. Il soupçonne que les nouvelles conditions pourraient y avoir contribué. Son système d'exploitation repose largement sur la valorisation de l'herbe, mais la fauche précoce de cette année a révélé que certaines parcelles ne repoussaient pas comme prévu.

Des stratégies pour gérer les stocks de fourrage

Roux a commandé deux camions de foin chez Cros en mars, au lieu d'un seul, afin de disposer de stocks suffisants. Sa ration repose principalement sur l'herbe, et il n'a pas constaté de baisse de production notable malgré les pics de chaleur. Il n'a toutefois pas poussé ses vaches vers des niveaux de production plus élevés, en raison des contraintes d'alimentation.

Fertilisation et gestion des prairies

Roux utilise du fumier et a arrêté le chaulage, s'appuyant sur le lactosérum pour apporter du calcium. Les analyses de sol indiquent un pH neutre et un équilibre satisfaisant du ratio NPK. Un botaniste du Conservatoire botanique national du Massif central se rend régulièrement sur ses parcelles pour étudier l'évolution des prairies en lien avec le climat, la fertilisation et les pratiques agricoles. Roux bénéficie de prairies diversifiées, qui lui permettent de les exploiter à différentes périodes.