Un éleveur français fait face à un choix difficile : récolter le sorgho maintenant pour une meilleure qualité, ou attendre pour obtenir plus de volume, sur fond de sécheresse et de pénurie de fourrage.
Manque de fourrage : une mise en culture innovante
Frédéric Landreau, éleveur à Coron (Maine-et-Loire), a semé du sorgho multi-coupes sur un champ de blé de 7 hectares moissonné début août, afin de pallier un déficit de fourrage et de disposer de stocks suffisants pour l'hiver. Ce sorgho, censé être récolté au bout de 60 jours, a été implanté dans des sols secs, l'irrigation ayant été un facteur déterminant dans cette décision.Un dilemme sur le moment de la récolte
Landreau est aujourd'hui confronté à un dilemme : récolter immédiatement ou attendre trois semaines. Une récolte immédiate donnerait un fourrage de meilleure qualité mais en moindre volume, tandis qu'attendre permettrait d'obtenir davantage de volume, mais avec une digestibilité et une valeur protéique plus faibles, la tige se lignifiant.Avis d'experts et considérations personnelles
Son conseiller de culture recommande la récolte immédiate, mais Landreau penche pour l'attente, afin de pouvoir mieux corriger l'azote et d'adapter sa conduite en fonction de l'analyse du fourrage. Toutefois, le risque de baisses de température et de pluies persistantes en octobre pourrait compliquer la récolte et la conservation du fourrage.Gestion du troupeau laitier et allaitant
Landreau élève 62 vaches laitières et 27 vaches allaitantes sur 108 hectares, soit 250 têtes à nourrir. Les animaux ont souffert de la chaleur et de la sécheresse, avec une baisse de 20 % de la production laitière. Les premières alertes concernant le fourrage sont apparues au printemps, un printemps froid ayant freiné la croissance du maïs et le développement de l'herbe.Rendements des cultures et achats de fourrage
Les vagues de chaleur ont fortement affecté les rendements : le tournesol a atteint 12 quintaux et le blé 49 quintaux, soit le niveau le plus bas jamais enregistré. Landreau avait stocké des récoltes pour ses animaux, mais il a dû acheter du fourrage supplémentaire, dont 13 tonnes de matière sèche à 130 euros la tonne, à 30 km de son exploitation. Seule la culture du colza a bien réussi : semé en août, il n'a pas souffert de la sécheresse.Projets d'avenir et difficultés
Landreau tire les leçons de cette campagne : il lui faudra irriguer le maïs plus tôt et, si ses stocks de fourrage s'avèrent insuffisants, semer le sorgho un mois plus tôt l'année prochaine. Les sangliers, qui posent également problème, pourraient aussi influencer sa décision d'avancer la récolte.