Une jeune agricultrice résiste à la sécheresse de 2026

Aurélie Lefebvre, jeune agricultrice en Mayenne, a traversé la forte sécheresse et les canicules de l'été 2026 mieux que bon nombre de ses pairs. Elle attribue sa résilience à une trésorerie saine, à des stocks de fourrage suffisants et à une assurance climatique, qui l'ont aidée à faire face aux difficultés de la saison.

Les défis des nouveaux agriculteurs face aux aléas climatiques

Aurélie Lefebvre souligne qu'une succession d'aléas climatiques peut rapidement déstabiliser l'équilibre économique d'une exploitation nouvellement installée. Les investissements liés à l'installation et au remboursement des emprunts laissent peu de marge face à des chocs financiers comme l'été difficile de 2026. Elle note que la région, connue pour son climat pluvieux, n'était pas préparée à des conditions aussi extrêmes.

L'impact de la chaleur sur la production laitière

Pour lutter contre la chaleur, Aurélie Lefebvre a ventilé ses bâtiments d'élevage, ouvert des portes munies de barrières et retiré des plaques translucides afin de créer des courants d'air. Elle met toutefois en garde : la plupart des bâtiments de la région restent fermés, et cette méthode pourrait ne plus être viable à mesure que le changement climatique s'accélère. La chaleur a également affecté sa production laitière, avec une baisse de 8 kg de lait par vache.

Fourrages et difficultés liées aux cultures

Aurélie Lefebvre est parvenue à récolter son foin dans de bonnes conditions, mais elle s'inquiète surtout pour le maïs ensilage, dont le rendement est tombé à 3 t/ha, au lieu des 9 à 10 t/ha habituels. L'herbe étant rare, le silo sera consommé plus rapidement. Elle a agrandi la surface de maïs cette année pour compenser la baisse des rendements.

Approvisionnement en eau et projets d'avenir

L'exploitation dispose d'un puits pour son approvisionnement en eau, qui est resté opérationnel à la fin de l'été, contrairement à beaucoup d'autres. Aurélie Lefebvre compte poursuivre cette façon de gérer les ressources avec optimisme. Elle envisage aussi de remplacer le colza par du maïs l'année prochaine et d'explorer des variétés de cultures du sud de la France adaptées aux vaches laitières.

Assurance climatique et risques financiers

Vice-présidente des Jeunes Agriculteurs de son département, Aurélie Lefebvre plaide pour la solidarité entre agriculteurs afin d'aider ceux qui ont été les plus touchés par la sécheresse. Elle souligne également que les jeunes agriculteurs sont souvent insuffisamment assurés contre les risques climatiques. Beaucoup démarrent avec une trésorerie négative et font face à une grande incertitude financière, ce qui illustre le besoin d'une meilleure gestion des risques climatiques et d'une meilleure assurance.