Une étude publiée le 16 mai 2024 dans la revue Communications Earth & Environment suggère qu’un bras du Nil long de 64 km aurait pu influencer l’emplacement de 31 pyramides égyptiennes, dont celles de Giza. Cette recherche, menée par une équipe incluant Eman Ghoneim de l’Université de Caroline du Nord à Wilmington, présente cette hypothèse comme solide, sans pour autant l’établir comme un fait avéré. Les pyramides, datant de l’Ancien Empire jusqu’à la Deuxième Période intermédiaire (entre 2686 et 1649 av. J.-C.), sont concentrées dans une étroite bande désertique s’étendant de Giza à Lisht, une zone que les chercheurs mettent en avant dans leur introduction.
L’équipe a utilisé des images satellites, des relevés radar, des prospections géophysiques et des carottages pour confirmer la présence de sédiments fluviaux et d’anciens chenaux sous la surface actuelle. Ce chenal, baptisé « Ahramat » en arabe (signifiant « pyramides »), est estimé à 64 km de long et entre 200 et 700 mètres de large. L’étude relève une transition brutale entre des sables moyens bien triés en profondeur et des matériaux plus fins en surface, signe de la présence d’anciens lits de rivière.
Les chercheurs avancent que les routes menant aux temples de la vallée, qui auraient pu servir de ports fluviaux, étayent l’hypothèse selon laquelle ce bras aurait servi de voie de transport pour les ouvriers et les matériaux destinés aux sites pyramidaux. L’étude produit également la première carte de l’environnement paléohydrologique de la région de Lisht-Giza, indiquant que ce bras était actif lors de la construction des pyramides.
La disparition de ce bras s’expliquerait par plusieurs facteurs : l’accumulation de sable due au vent, une sécheresse majeure survenue il y a environ 4 200 ans, une activité tectonique et une diminution du débit du fleuve en raison d’une aridité croissante. Toutefois, le rôle de ce bras dans le choix des emplacements des pyramides reste une hypothèse forte, et non une certitude démontrée. L’étude ne mesure pas l’impact d’autres facteurs, tels que l’orientation du soleil ou la nature de la roche, qui n’ont pas été examinés dans cette recherche.
Ces découvertes pourraient aider à localiser d’anciens établissements humains et à les protéger de l’urbanisation rapide, contribuant ainsi à la préservation du patrimoine égyptien. De futures fouilles permettront peut-être de déterminer si les anciens ports de Giza et de Lisht se trouvent bel et bien sous les champs cultivés de la vallée.
Une ancienne branche du Nil aurait influencé l’emplacement de 31 pyramides égyptiennes
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