Les accords d'Évian suivis d'un massacre à Alger

Huit jours après les accords d'Évian, une manifestation de pieds-noirs à Alger a tourné au massacre. Signés le 18 mars 1962, les accords d'Évian accordaient l'indépendance à l'Algérie, mais trois mille pieds-noirs se sont rassemblés dans la rue d'Isly, à Alger, huit jours plus tard, pour réclamer que « leur » terre reste française.

Des tirailleurs ouvrent le feu pendant la manifestation

Les tirailleurs ont ouvert le feu, faisant quarante-neuf morts et deux cents blessés. L'élément déclencheur de ce massacre demeure inconnu à ce jour. Cet événement, toujours revendiqué par les nostalgiques de l'Algérie française et par l'extrême droite, est raconté dans un roman de Stéphane Giusti.

Un roman récompensé par un prix de fiction historique

Écrit dans un style choral, le roman suit la matinée de la manifestation à travers les récits de six personnages, chacun pris dans les événements heure par heure, quart d'heure par quart d'heure. On y trouve un gendarme, les filles de petits commerçants, l'épouse d'un projectionniste communiste, un jeune sympathisant de l'OAS et un prêtre tourmenté par un sentiment de colère « depuis le début de cette guerre qui ne sait pas distinguer le juste de l'injuste, les bourreaux des victimes, parce qu'ils sont parfois l'un et parfois l'autre ».

L'auteur dépeint la violence coloniale

Stéphane Giusti décrit avec justesse la violence coloniale de cette époque, en dressant le portrait de la société pied-noire dans toute sa complexité, dans toute sa diversité, gangrenée par la haine, par la violence, et infiltrée jusque dans ses moindres recoins par l'OAS, qui apparaît dans toute son abomination.

Alger, symbole d'une haine qui couve

Alger est dépeinte comme un chaudron où cette haine mijote jusqu'à la mort. « Alger ressemble à Pompéi. Ce ne sont pas des laves qui envahissent les rues, ce ne sont pas des cendres qui tombent sur les toits, mais la haine, une haine implacable et incandescente. »