Recours en justice contre la construction d'une autoroute

Plusieurs associations, des agriculteurs et des riverains ont demandé mercredi au tribunal administratif de Haute-Savoie d'arrêter les travaux d'une nouvelle autoroute, arguant qu'elle nuit à l'environnement et va à l'encontre de l'urgence de lutter contre la crise climatique.

Le tribunal doit se prononcer jeudi

La cour administrative d'appel de Lyon a été saisie en urgence pour examiner le projet de construction de l'A412, dont les travaux ont débuté le 1er septembre. La cour annoncera sa décision jeudi.

Des manifestants bloquent le chantier

Dans le Chablais, près de la frontière suisse, 21 organisations et 40 riverains organisent chaque jour des sit-in et grimpent dans les arbres pour ralentir les engins qui défrichent la forêt. Les gendarmes ont évacué les manifestants, ce qui a conduit à 47 interpellations et à de nombreuses amendes, selon le collectif.

Les partisans du projet invoquent la fluidité du trafic

Le gouvernement français et la société Amedea, filiale du groupe Eiffage, affirment que l'autoroute A412, longue de 16,5 kilomètres, allégera le trafic important des travailleurs frontaliers entre Thonon-les-Bains et Genève. De nombreux Français traversent chaque jour la frontière pour travailler en Suisse, où les salaires sont en moyenne plus élevés.

Les opposants dénoncent un projet illégal

Les opposants, menés par l'association de protection de la nature France Nature Environnement, estiment que le projet est inutile et qu'il viole le droit de l'environnement. Ils réclament à la place une desserte ferroviaire et des bus plus fréquents, et affirment que le projet est illégal en raison de ses atteintes à l'environnement.

Le fondement juridique du recours

Les manifestants contestent l'autorisation environnementale signée par le préfet de Haute-Savoie le 28 août, qui a permis le lancement du projet quatre jours plus tard seulement. Depuis, Amedea a défriché 85 % des 180 hectares prévus pour l'autoroute.

Des risques environnementaux mis en avant

Le collectif affirme qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'autorisation et met en garde contre des atteintes irréversibles à la biodiversité, notamment 130 espèces protégées de mammifères, d'oiseaux et d'insectes. Il souligne également les risques pesant sur 33 exploitations agricoles de la région.

Une décision bientôt rendue

La présidente du tribunal a indiqué que la décision sur la demande de suspension serait rendue d'ici jeudi. Le projet avait reçu une déclaration d'utilité publique en 2019, à la suite d'une enquête publique qui s'était conclue par un avis favorable.