Les risques climatiques remodèlent les marchés mondiaux de l'assurance, avec une hausse des coûts et de nouveaux défis pour les ménages et les entreprises confrontés à des catastrophes naturelles fréquentes.
Le risque climatique bouleverse les marchés de l'assurance
Le risque climatique affecte de plus en plus les marchés de l'assurance dans le monde, avec une hausse des coûts pour les ménages et les entreprises en raison des catastrophes naturelles, de franchises plus élevées et d'exclusions plus nombreuses. En 2025, les catastrophes naturelles ont coûté 107 milliards de dollars aux assureurs à travers le monde, selon Swiss Re.Les périls secondaires sont à l'origine des pertes
Ces pertes proviennent principalement de périls dits « secondaires », tels que les orages, la grêle, les inondations et les incendies, devenus fréquents et diffus, touchant entrepôts, usines et magasins. À l'échelle mondiale, la hausse des pertes assurées s'explique surtout par la multiplication des biens construits dans des zones exposées et par l'augmentation du coût de leur reconstruction.La France fait face à une hausse des sinistres liés aux catastrophes
En France, le seul changement climatique devrait faire augmenter les sinistres liés aux catastrophes naturelles d'environ 40 % d'ici 2050, et de 60 % si l'on tient compte de la hausse des biens exposés. L'épisode El Niño attendu entre la fin de 2026 et le début de 2027 pourrait aggraver les risques de sécheresse, d'inondations et de chaleur extrême dans les régions tropicales.Le coût de l'assurance des catastrophes naturelles en France double
En France, le régime public des catastrophes naturelles, appelé CatNat, a vu le coût de ses indemnisations passer d'environ 1 milliard d'euros par an en moyenne depuis 1982 à près de 2 milliards aujourd'hui. Le Fonds central de réassurance prévoit que le seul changement climatique fera augmenter ces indemnisations d'environ 40 % d'ici 2050.Le système d'assurance incite peu à la prévention
La dégradation des indemnisations risque de ne pas ralentir, plusieurs études récentes concluant que le réchauffement climatique s'accélère. La loi de 1982 a créé un système hybride, combinant assurance privée et solidarité nationale, avec une garantie obligatoire pour les catastrophes naturelles, une surprime fixée par l'État et un fonds public de réassurance adossé à l'État. Toutefois, le système actuel incite peu à la prévention, la surprime ne variant pas selon les efforts de gestion des risques des particuliers ou des communes.L'assurabilité recule en France
En 2026, l'Observatoire de l'assurabilité a indiqué que 811 communes de France métropolitaine voient leurs offres d'assurance se raréfier, et que l'ensemble des territoires d'outre-mer étudiés sont sous tension. En Californie, le premier assureur habitation a cessé d'accepter de nouveaux contrats en 2023, invoquant une exposition croissante aux catastrophes.Les mesures gouvernementales restent insuffisantes
Le gouvernement a annoncé en juin 2026 plusieurs mesures, dont un réexamen du taux de la surprime tous les cinq ans, une aide pour que les assureurs restent présents dans les zones exposées, et le lancement d'une mission sur l'assurance dans les outre-mer. Toutefois, ces mesures ne remettent pas en cause la logique des franchises et ne créent pas d'incitations individuelles à la prévention.Des propositions visent à moderniser l'assurance
Pour moderniser le système d'assurance, des propositions suggèrent de maintenir la mutualisation nationale tout en modulant les franchises en fonction des efforts de prévention. Cela impliquerait de financer des actions de prévention collective, de réduire les franchises pour les sites qui mettent en œuvre des mesures prioritaires, et de consacrer une partie de la surprime à la prévention par l'intermédiaire du Fonds Barnier.Une réforme qui cherche à concilier solidarité et incitation
La réforme vise à éviter une mutualisation sans incitation, ainsi qu'une tarification strictement individuelle du risque, qui pourrait faire peser le coût de l'exposition sur des ménages et des entreprises n'ayant pas choisi leur localisation ou ne disposant pas des moyens de se protéger. Le défi consiste à garantir que la modulation ne devienne pas un moyen de revenir à une tarification individuelle du risque, ce qui affaiblirait la solidarité protégée par le régime de 1982.