L’Institut français de la performance du bâtiment (Ifpeb) estime qu’entre 46 et 53 milliards d’euros seront nécessaires d’ici à 2050 pour adapter les logements en France à la hausse des températures, en excluant le coût des climatiseurs. Ces adaptations reposeraient sur des « solutions passives » comme l’installation de protections solaires extérieures, de ventilateurs de plafond ou encore d’isolation des toitures. Des études menées par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et le collectif Nos villes à 50 °C indiquent que la mise en œuvre de ces trois mesures de base pourrait rendre habitables environ 70 % des logements en cas de fortes chaleurs. L’Ifpeb précise toutefois que cet investissement ne sera pas entièrement pris en charge par l’État : les propriétaires devront également y contribuer.
Christophe Rodriguez, directeur de l’Ifpeb, a souligné dans un communiqué que l’accent devait être mis sur l’action plutôt que sur les lourdeurs administratives. Il a rappelé que la plupart des solutions nécessaires sont déjà connues et que le parc immobilier est prêt à être adapté. Pour commencer, l’Ifpeb prévoit de cibler l’adaptation d’un million de logements dès 2027, pour un investissement de 3,5 à 4 milliards d’euros. Ces efforts se concentreront sur les zones et les ménages les plus vulnérables. À partir de 2028, l’institut entend moduler son soutien en fonction des revenus et du statut de propriété, en s’appuyant sur des dispositifs existants comme MaPrimeRénov’, une aide publique à la rénovation énergétique, et les certificats d’économies d’énergie (CEE), financés par les entreprises du secteur.
L’Ifpeb estime que 6,5 millions de logements se trouvent dans des zones particulièrement exposées aux fortes chaleurs et devront être adaptés dans un délai de cinq ans. Un autre contingent de 5,3 millions de logements, également concernés par la hausse des températures, nécessiterait une adaptation dans un délai de 10 à 15 ans. Le plan ne prévoit pas l’installation de climatiseurs, mais l’Ifpeb reconnaît que, dans les zones où les nuits chaudes empêchent un rafraîchissement naturel, ces équipements pourraient devenir indispensables pour maintenir l’habitabilité.
L’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) estime qu’environ 10 milliards d’euros par an seront nécessaires pour accélérer l’adaptation des secteurs comme les écoles, les hôpitaux, le logement et les transports en France. Pour le logement en particulier, l’I4CE s’appuie sur une estimation de la Fondation Abbé Pierre, qui table sur un coût de 48 milliards d’euros d’ici à 2040, soit 3,2 milliards d’euros par an, pour l’installation de volets et de circulateurs d’air. Le Syndicat de l’habitat social évalue quant à lui à 8,6 milliards d’euros le coût d’équipement des logements sociaux avec ces dispositifs.
La France estime qu'il faudra entre 46 et 53 milliards d'euros pour adapter le logement d'ici 2050
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