Inconfort thermique dans les logements français

Pendant l'été 2026, 69 % des Français ont connu des niveaux de chaleur inconfortables chez eux, selon une étude Sofinco menée auprès de 1 023 personnes. Cela met en lumière un problème croissant lié à la manière dont les logements sont évalués sur le plan de la performance énergétique, en particulier lors des canicules.

Les DPE et les défis de l'été

Les logements affichant un DPE élevé, A ou B, sont censés être économes en énergie, mais l'étude révèle que plus de la moitié des personnes interrogées estiment que leur logement ne les protège pas suffisamment des fortes températures extérieures. Certains propriétaires affirment que l'isolation, efficace en hiver, retient la chaleur à l'intérieur pendant l'été.

La hausse des coûts de la climatisation estivale

De nombreux ménages ont investi dans des climatiseurs et des ventilateurs pour faire face à la chaleur, ce qui a entraîné une hausse de leurs factures d'énergie. Pourtant, ces dépenses ne sont pas prises en compte dans le calcul du DPE, qui ne s'intéresse qu'à l'efficacité énergétique en hiver. Cela suscite la frustration des propriétaires, qui se sentent trompés par ces évaluations.

La réaction du marché face à l'inconfort estival

Une part importante de la population française privilégie désormais le confort d'été lors de l'achat d'un logement, 72 % d'entre eux le plaçant au-dessus du DPE. Les logements bien notés mais inconfortables en été peinent à trouver acquéreur, ce qui affecte leur valeur marchande et leur attractivité.

Les professionnels du secteur tirent la sonnette d'alarme

Corinne Jolly, directrice générale de PAP.fr, explique que l'isolation conçue pour conserver la chaleur en hiver la retient également en été, ce qui crée des conditions de vie inconfortables. Les propriétaires se retrouvent ainsi contraints de choisir entre des systèmes de climatisation coûteux et la chaleur, ce qui affecte à la fois leur qualité de vie et la valeur de leur bien.

Le poids financier pour les propriétaires

Certains propriétaires sont endettés à cause de travaux conformes au DPE qui sont devenus de véritables charges financières. D'autres ont renoncé à de nouveaux travaux faute de moyens, constatant que le retour sur investissement espéré n'est plus garanti.

Les idées reçues sur le DPE

Une étude Jinka x YouGov révèle que 64 % des Français pensent qu'un bon DPE garantit le confort en été. Or, le DPE ne mesure que la consommation d'énergie et les émissions liées au chauffage en hiver, sans tenir compte du confort estival. Cela crée un décalage entre les attentes des consommateurs et la réalité de ces évaluations.

Appels à une réforme

Des responsables politiques et des acteurs du secteur réclament des changements dans le système du DPE. Bruno Retailleau a proposé de supprimer purement et simplement le DPE, tandis que 91 % des Français sont favorables à des réformes intégrant le confort d'été dans l'évaluation. Les acteurs du secteur estiment qu'un système de notation plus fiable est indispensable pour protéger le pouvoir d'achat des propriétaires et répondre à la question croissante de la chaleur estivale dans les logements.