Le 6 octobre, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié un billet de blog présentant une étude menée avec le Service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique. Cette étude évaluait l’impact réel de l’isolation des logements individuels à l’aide de compteurs communicants, à savoir Linky pour l’électricité et Gazpar pour le gaz. Les résultats révèlent que les économies d’énergie effectivement réalisées ne représentent que 42 % de ce qui était prévu dans les modèles théoriques. Le SDES a utilisé des relevés mensuels anonymisés d’environ un million de foyers, remontant jusqu’à 2018, pour mener cette évaluation.
L’étude se concentre sur les logements chauffés à l’électricité ou au gaz, le SDES précisant que 61 % des logements rénovés avec aide entre 2020 et 2023 étaient occupés par leurs propriétaires. Ces logements représentaient 92 % des bénéficiaires du dispositif MaPrimeRénov’, qui soutient les rénovations ne portant que sur un seul type de travaux. L’étude ne prend en compte que les foyers ayant réalisé une seule vague d’isolation subventionnée, comme des fenêtres, des murs, des combles, des sols ou des toitures, en excluant ceux ayant également changé leur système de chauffage. Les chercheurs soulignent que leurs conclusions ne s’appliquent pas aux rénovations lourdes.
Pour évaluer l’effet de l’isolation, l’étude a comparé deux profils de consommation : des logements ayant bénéficié de travaux et des logements similaires n’ayant pas reçu de subventions. Ce groupe de contrôle permet de neutraliser des facteurs comme des hivers plus doux ou des variations des prix de l’énergie. À partir de 2022, la hausse des coûts énergétiques a poussé de nombreux ménages à réduire leur consommation, mais les chercheurs estiment que cet effet reste limité. Ils se sont appuyés sur l’enquête Tremi, qui porte sur la rénovation énergétique des logements individuels, pour croiser leurs données avec les programmes d’aides. Réalisée par l’Agence de la transition écologique (Ademe) et le SDES, cette enquête a permis d’identifier les logements rénovés sans subvention. Les chercheurs estiment qu’environ 700 000 logements ont été rénovés sans aide en 2019, soit près de 3,5 % du parc total. Bien que les modes de chauffage n’aient pas été enregistrés, ils ont été estimés à l’aide d’un modèle statistique capable de prédire la méthode utilisée dans plus de neuf cas sur dix.
L’étude couvre les travaux réalisés entre 2018 et 2024. Pour les logements chauffés à l’électricité, la consommation moyenne d’électricité a diminué de 5,0 %, soit une économie de 0,5 mégawatt-heure (MWh) par an, contre 1,2 MWh prévu dans les modèles théoriques. Pour les logements chauffés au gaz, la baisse s’élève à 6,6 %, soit 0,8 MWh par an, contre 1,9 MWh attendu. Les chercheurs relèvent qu’un tiers de la consommation électrique sert à des usages autres que le chauffage, comme l’éclairage. Ces résultats sont légèrement inférieurs à ceux d’une première version de l’étude publiée en juillet 2025, mais l’écart entre gains réels et théoriques reste identique. Cette révision s’explique par une meilleure identification des ménages et une période d’étude prolongée.
Sur le plan financier, l’isolation permet aux ménages chauffés à l’électricité d’économiser en moyenne 106 euros par an, tandis que ceux chauffés au gaz économisent environ 95 euros annuellement. Cependant, le coût des travaux n’est connu que pour 20 % des foyers ayant rénové leur logement dans le cadre de l’étude, à savoir ceux ayant bénéficié de MaPrimeRénov’ ou du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE). Pour ces ménages, le coût moyen de l’isolation avant subventions s’élevait à 11 700 euros pour le chauffage électrique et à 12 900 euros pour le gaz. Après déduction des aides, le reste à charge était respectivement de 7 200 euros et 7 900 euros. Dans ce sous-groupe, les économies annuelles sur la facture atteignaient 90 euros pour l’électricité et 160 euros pour le gaz. D’autres dispositifs d’aide financière, comme les certificats d’économies d’énergie (CEE), peuvent s’ajouter, mais ne sont pas pris en compte dans ces données.
Les chercheurs rappellent que l’écart entre économies théoriques et réelles est bien documenté dans les études économiques. Une étude américaine de 2023 attribuait 43 % de cet écart à une mauvaise qualité des travaux, tandis que 41 % s’expliquaient par des hypothèses trop optimistes dans les modèles. L’« effet rebond », où les ménages consomment davantage en raison de coûts réduits, ne représentait que 6 %. Sur les données françaises, aucune hausse de la consommation énergétique n’a été observée, même quatre ans après les travaux. Les chercheurs soulignent également que l’isolation vise avant tout à améliorer le confort et à réduire la précarité énergétique, qui touchait 3,1 millions de ménages en 2023. Selon l’enquête Tremi, 70 % des propriétaires ayant rénové leur logement entre 2016 et 2019 ont déclaré un meilleur confort.
Une étude française révèle que les économies d'énergie promises par l'isolation des logements sont inférieures aux attentes
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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