Plus de 80 groupes exhortent le sommet de l'ONU à exclure l'exploitation minière et pétrolière des aires protégées, citant les menaces pour la biodiversité et des objectifs de conservation inefficaces.
Des organisations demandent d'exclure l'exploitation minière des aires protégées
Plus de 80 organisations œuvrant pour la conservation, les droits des peuples autochtones et la société civile ont exhorté les gouvernements, lors du sommet des Nations unies sur la biodiversité en Arménie, à exclure les activités minières, pétrolières et gazières des aires protégées. Dans une lettre commune publiée le 22 octobre, les groupes soulignent que les objectifs de conservation ne seront pas atteints si les activités industrielles continuent de menacer ces régions.Des objectifs de conservation remis en question
La lettre avertit que l'atteinte d'objectifs chiffrés de conservation serait inefficace si les aires protégées restent vulnérables aux activités industrielles qui menacent la biodiversité. Cette préoccupation intervient alors que de nombreux pays, dont plusieurs pays d'Afrique, cherchent à concilier développement économique, grâce à l'exploitation minière, à la production d'énergie et aux infrastructures, et nécessité de protéger les écosystèmes essentiels.Un rapport met en évidence le chevauchement entre industries et aires protégées
Un rapport publié le 8 octobre par Earth Insight et ses partenaires indique que près de 62 millions d'hectares (153 millions d'acres) de zones protégées et conservées dans les pays tropicaux se superposent à des blocs d'exploration ou d'exploitation pétrolière et gazière. Par ailleurs, les concessions minières couvrent 43 millions d'hectares (106 millions d'acres) qui se chevauchent avec ces zones, ce qui révèle un conflit important entre conservation et développement industriel.Une concession ne signifie pas toujours une exploitation
Le rapport précise que la présence d'une concession ne signifie pas nécessairement que l'exploitation a commencé. Cette distinction est importante : elle montre qu'il existe un potentiel d'activité industrielle, mais que l'exploitation réelle n'a peut-être pas encore eu lieu dans ces zones de chevauchement.Des lacunes dans la protection de la biodiversité
Le rapport révèle également que 29 % des zones clés de biodiversité terrestre du bassin du Congo se trouvent en dehors des aires protégées. Cette constatation soulève des questions sur l'efficacité des efforts de conservation actuels pour couvrir l'ensemble des écosystèmes critiques, en particulier dans les régions à forte biodiversité.