Le Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal fixe un objectif de protection de 30 % de la biodiversité planétaire d’ici à 2030, initiative connue sous le nom de « 30x30 ». Cependant, selon un récent rapport de l’ONG Earth Insight, publié le 8 octobre 2026, la simple augmentation du nombre d’aires protégées ne suffira pas à atteindre cette cible. Le document insiste sur la nécessité de concentrer les efforts de conservation sur les zones les plus critiques pour la biodiversité, en garantissant à la fois l’efficacité et l’équité dans la protection. Ces conclusions tombent à point nommé, alors que la conférence sur la biodiversité COP17 doit se tenir à Erevan, en Arménie, du 19 au 30 octobre 2026, où les dirigeants mondiaux discuteront des stratégies pour préserver les écosystèmes de la planète. Le rapport d’Earth Insight dresse une cartographie des zones critiques de biodiversité et des aires protégées menacées par l’extraction pétrolière et gazière. Il souligne notamment que le bassin du Congo, qui abrite 58 % de la couverture forestière de la région, est fortement exposé aux activités industrielles. Entre 2001 et 2025, ce bassin a perdu 34 millions d’hectares de forêt, principalement en raison de l’exploitation forestière, des activités minières et de l’expansion agricole. La République démocratique du Congo (RDC), qui abrite la majeure partie des forêts du bassin, est identifiée comme le principal foyer de déforestation dans la région. Cette situation représente un défi majeur pour la réalisation de l’objectif « 30x30 ». Face à ces menaces, la RDC a lancé en janvier 2025 le « Couloir vert Kivu-Kinshasa ». Cette initiative vise à protéger une vaste étendue tout en soutenant les communautés locales et en favorisant un développement économique durable. Le corridor s’étend sur 54 millions d’hectares et doit servir de modèle pour une conservation équilibrant protection écologique et besoins humains. Selon Earth Insight, au moins 72 % de cette zone est actuellement menacée par différentes formes d’exploitation. Le rapport met en lumière l’importance de prioriser, dans les plans de conservation, les régions les plus vulnérables et écologiquement significatives. Sans une approche ciblée, l’extension des aires protégées pourrait ne pas suffire à enrayer le déclin de la biodiversité. Les conclusions d’Earth Insight devraient jouer un rôle clé dans les débats et décisions de la COP17, alors que les nations s’efforcent de relever les défis urgents qui pèsent sur la biodiversité mondiale.