Les députés français ont relancé l’obligation d’entretiens scolaires annuels obligatoires pour repérer les cas de violences envers les enfants, une décision prise dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 octobre, dans le cadre de l’examen d’un vaste paquet législatif souvent appelé la loi « fourre-tout ». Cette mesure était initialement un élément central d’un texte visant les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Elle avait cependant été rendue facultative lors d’une révision en commission. L’amendement, adopté à l’unanimité par les députés, est présenté comme un compromis avec les associations féministes qui soutiennent le projet de loi. Il prévoit une montée en charge progressive, avec quatre entretiens obligatoires dans l’année scolaire avant de devenir annuels à partir de 2032. Sa mise en œuvre nécessiterait, selon le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, la création d’au moins 15 000 postes supplémentaires. Or, ces profils ne sont pas disponibles sur le marché du travail, a-t-il souligné. Tout en reconnaissant les bénéfices potentiels de ces entretiens obligatoires, il s’est interrogé sur leur organisation concrète au sein des établissements et a insisté sur l’importance de tenir les engagements pris. Geffray n’a pas commenté le compromis trouvé par les députés ni annoncé de moyens financiers supplémentaires pour cette mesure. Il a défendu le questionnaire de détection des violences prévu par son ministère, critiqué notamment par la gauche, en estimant que « l’urgence » commande d’agir sans délai. Le coût économique des violences faites aux enfants est évalué à 9,7 milliards d’euros par an par la Ciivise, un organisme de recherche. Florence Hérouin-Léautey, représentante du groupe, a souligné que le prix de l’inaction dépasse largement celui de la prévention. Violette Spillebout s’est réjouie du compromis trouvé, tandis qu’Émilie Bonnivard a qualifié la mesure d’« importance vitale », insistant sur la nécessité de « prendre en compte le principe de réalité ». Gabrielle Cathala, de La France insoumise, a en revanche critiqué cette disposition, la jugeant comme une alternative « low cost » à la proposition initiale, qui prévoyait une généralisation immédiate des entretiens annuels dans tout le pays.