Lancé en juillet de l’année dernière, le programme HypAIRion est soutenu par l’Armée de l’air et de l’espace (AAE), l’Amiad (Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense) et la DGA (Direction générale de l’armement). Cette initiative vise à regrouper l’ensemble des projets d’intelligence artificielle (IA) au sein de l’armée de l’Air, dans le but de moderniser le combat aérien. Un volet important de ce projet concerne le développement de systèmes de vol collaboratifs entre drones de combat et aéronefs pilotés, avec pour objectif d’atteindre des capacités opérationnelles d’ici 2028. Le colonel Cédric, responsable du bureau du développement des capacités au sein de l’état-major de l’AAE, a expliqué que les « super-drones » équipés d’IA permettront d’améliorer la reconnaissance, de forcer l’ennemi à se découvrir et de porter des armements. Cela augmentera la survie des aéronefs pilotés en réduisant leur exposition à des situations à haut risque.
Le ministère des Armées a prévu de tester les premiers prototypes de ces drones renforcés par l’IA dès 2028. Ces appareils, décrits comme des avions de combat simplifiés sans pilote humain, devraient être bien moins coûteux à produire. Leur rôle sera de fournir la masse nécessaire pour des combats de haute intensité, à l’image de ce qui s’observe en Ukraine, où des milliers de drones et de missiles s’affrontent chaque mois. Le colonel Cédric a souligné que le Rafale restera l’atout central du combat aérien, mais qu’il devra s’appuyer sur des systèmes complémentaires pour rester efficace. Le pilotage de cette nouvelle plateforme sera assuré par une IA souveraine, conçue pour assister l’équipage dans l’exécution de ses missions de manière plus efficace et réactive.
Parallèlement au programme HypAIRion, Dassault, le groupe aérospatial français, a annoncé le 22 septembre avoir testé avec succès deux nouveaux algorithmes d’IA souverains sur le Rafale. L’un a été développé en interne, l’autre en collaboration avec Thales/cortAIx. Un système d’IA est déjà opérationnel dans la nacelle de désignation Talios, utilisée sur le Rafale pour l’identification et la reconnaissance de cibles au sol. Cette IA sera pleinement déployée au sein des forces armées d’ici 2027, permettant d’analyser des images pour détecter des cibles potentielles, les suivre et classer les véhicules présentant une menace.
Le programme HypAIRion doit aussi faire face au défi de suivre l’évolution des menaces. Le colonel Cédric a indiqué que les futurs conflits pourraient impliquer des équipements très différents de ceux actuellement en service, citant l’exemple du drone russe Geran, décliné en plusieurs versions. Pour réagir rapidement, l’armée de l’Air déploie des roquettes guidées par laser sur le Rafale pour la chasse aux drones, déjà utilisées au Moyen-Orient et au Proche-Orient. Pour accélérer cette dynamique, l’armée de l’Air prévoit d’utiliser des designs d’aéronefs ouverts et modulaires, permettant aux avions de fonctionner comme des ordinateurs volants dont les composants pourront être modernisés et les logiciels améliorés. Deux Mirage 2000 basés à Mont-de-Marsan sont en cours de transformation en bancs d’essai pour l’IA, afin d’explorer des applications spécifiques dès la fin de l’année. La plupart de ces évolutions devraient aboutir sur le futur Rafale F5, ou « super Rafale », selon les termes du PDG de Dassault, Eric Trappier. Cette nouvelle version de l’avion de combat, dont le premier vol est prévu en 2033, intégrera de nouveaux capteurs et systèmes, incluant des capacités de calcul avancées pour soutenir l’IA. Le programme HypAIRion vise à définir les caractéristiques du futur avion de combat d’ici 2040.
Le colonel Cédric a tenu à souligner que le pilote conservera un rôle dans l’avenir, évoquant des questions éthiques liées à la délégation des décisions d’engagement aux machines. Le colonel Thibault, adjoint au directeur de l’usage de l’intelligence artificielle à l’Amiad, a confirmé que le remplacement des humains dans les plateformes militaires n’est pas une priorité actuelle, que ce soit dans les forces aériennes, navales ou terrestres.
La France fait progresser les drones de combat renforcés par l'IA pour la modernisation de son armée de l'air
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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