L’armée de l’Air française travaille à intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans ses avions de combat Rafale et Mirage dans le cadre d’un projet baptisé HypAIRion, lancé en juillet. L’objectif de cette initiative est de fédérer l’ensemble des efforts liés à l’IA sur les aéronefs français, avec pour ambition d’atteindre un « combat collaboratif » d’ici 2028. Cela implique l’utilisation de drones évoluant aux côtés des avions de chasse. Sur la base de Mont-de-Marsan, deux Mirage 2000 ont été transformés en plates-formes d’essai pour l’IA. Dassault, constructeur du Rafale, a annoncé en juillet avoir testé avec succès un drone de la start-up Harmattan AI en simulant une frappe radar « à plusieurs dizaines de kilomètres ».
Les drones de combat collaboratif sont décrits comme des « avions de chasse simplifiés, non habités, plus simples et surtout moins chers », selon le colonel Cédric, chef du bureau capacité de développement au sein de l’État-Major de l’Air et de l’Espace. Ces appareils sont conçus pour contraindre l’ennemi à se dévoiler en activant ses radars, et peuvent emporter des armes. Cela permet de prendre des risques sur des plates-formes non pilotées plutôt que sur des appareils habités. L’IA devrait aider les pilotes dans l’ensemble de leurs missions, réduisant leur charge de travail et améliorant leur efficacité. Cela s’avère particulièrement crucial, les pilotes étant confrontés à une « charge cognitive élevée » dans un environnement en constante évolution, marqué par des menaces aériennes mouvantes.
Le général ingénieur Sébastien, directeur du programme Rafale à la Direction Générale de l’Armement (DGA), a expliqué que les pilotes assument actuellement de multiples responsabilités : piloter l’appareil, gérer les capteurs et le radar, comprendre la situation tactique, choisir les options préférentielles et organiser le travail au sein de leur patrouille. Il anticipe que l’IA viendra en appui pour ces tâches, offrant une plus grande réactivité et efficacité. En combat aérien, le pilote qui détecte, comprend, décide et agit plus rapidement que son adversaire prend l’avantage, et l’IA devrait l’y aider.
Une « première contribution concrète » de l’IA est prévue avec l’intégration de cette technologie dans le pod de désignation laser Talios d’ici 2027. Cet équipement, installé sous l’appareil, permet au pilote d’améliorer sa visibilité et de repérer des cibles. Le pod peut balayer une zone d’intérêt, observer la scène et utiliser l’IA pour analyser les images et identifier des cibles potentielles, comme des véhicules pouvant représenter une menace ou une priorité. Pendant cette analyse, l’équipage peut se concentrer sur d’autres tâches.
Dassault a annoncé en septembre avoir testé en vol deux nouveaux algorithmes souverains d’intelligence artificielle sur deux appareils. L’un a été développé par le constructeur aéronautique lui-même, l’autre en partenariat avec Thales/cortAIx. Ces algorithmes s’inscrivent dans une stratégie globale visant à intégrer l’IA dans le cockpit de manière maîtrisée et supervisée, en soutien de l’équipage humain. L’entreprise travaille sur la nouvelle version du Rafale, le F5, une modernisation en milieu de vie prévue pour être disponible vers 2034. Sur ce nouvel appareil, « tout le nouvel équipement (...) est conçu pour intégrer l’intelligence artificielle », selon Dassault.
Le général ingénieur Sébastien, de la DGA, estime que le Rafale deviendra encore plus dépendant de l’IA pour conserver sa supériorité aérienne. Toutefois, l’IA restera un assistant et ne prendra pas de décisions critiques, comme tirer un coup de feu. Une option écartée par la France est le remplacement total du pilote humain par l’IA dans le cockpit du Rafale. La présence d’un pilote à bord devrait donc rester une constante.
La France accélère l'intégration de l'IA dans ses avions de combat pour des missions collaboratives
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷BFMTV



