Paul Vannier, député de la 1re circonscription du Val-d’Oise pour le parti LFI, a annoncé lundi avoir déposé un signalement auprès du parquet de Pontoise, à la suite de témoignages d’élèves de lycée décrivant des violences policières lors de manifestations dans sa circonscription. Ces rassemblements, qui s’inscrivent dans un mouvement étudiant plus large, ont été marqués par une présence policière importante et, la semaine dernière, un adolescent a été grièvement blessé à l’œil après avoir été touché par un LBD, une arme de force intermédiaire utilisée par les forces de l’ordre. Vannier a qualifié le mouvement de « puissant et clair dans ses revendications », tout en dénonçant ce qu’il a appelé « une répression policière importante contre des enfants ». Lors d’une conférence de presse, le député a livré des détails sur le cas d’un lycéen d’Argenteuil, identifié seulement par la lettre N., touché à l’œil par un LBD à une distance, selon lui, extrêmement réduite. Une photo montrée aux journalistes montrait le visage gonflé et ensanglanté du jeune homme, Vannier précisant que l’élève était toujours hospitalisé et que les médecins n’avaient pas encore déterminé s’il conserverait l’usage de son œil. L’incident s’est produit sur le plateau d’Argenteuil, à proximité de deux lycées, et le parquet de Pontoise a ouvert une enquête, confiée à l’IGPN, l’organe de contrôle de la police. Le député a souligné que les revendications des élèves, notamment en matière d’infrastructures scolaires, d’horaires étendus et de stress lié au système d’affectation Parcoursup, étaient « parfaitement légitimes ». Il a appelé le gouvernement à « mettre fin à cette escalade de répression policière contre un mouvement étudiant calme et revendicatif ». L’écart entre les distances rapportées – 20 mètres selon le parquet et entre 5 et 10 mètres selon la famille – interroge sur les circonstances du tir et l’usage de la force par les forces de l’ordre. Alors que le mouvement se prépare pour un troisième acte majeur, avec la participation attendue des syndicats aux côtés des étudiants, la situation reste tendue. L’initiative de Vannier met en lumière les inquiétudes croissantes concernant la conduite des forces de l’ordre et le traitement des manifestants lycéens, alors que l’enquête se poursuit et que l’attention du public reste focalisée sur les événements d’Argenteuil.