La Guinée consacre près de 10 % de ses recettes fiscales à la stabilisation des prix des carburants en 2026, dans un contexte de croissance économique et de ralentissement de l'inflation.
Soutien aux prix des carburants en 2026
Le gouvernement guinéen a alloué 5 489,7 milliards de francs guinéens (621 millions de dollars), soit près de 10 % des recettes fiscales attendues, au soutien des prix des carburants en 2026. Cet effort budgétaire vise à maintenir le prix du litre à 12 000 GNF, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une volatilité des prix de l'énergie.Contexte économique et croissance
Cette politique s'inscrit dans un contexte de ralentissement de l'inflation et de croissance économique attendue à 8,6 % en 2026. Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 a été présenté aux députés le 24 octobre par la ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, qui a souligné que cette mesure visait à limiter l'impact de la hausse des prix de l'énergie sur la population.Investissements dans la santé et les infrastructures
Le soutien aux prix des carburants s'accompagne d'autres dépenses destinées à améliorer les conditions de vie des ménages. Le PLFR prévoit un appui à 455 centres de santé et 2 514 postes de santé, ainsi que le financement de 1 600 points d'eau sur l'ensemble du territoire. Les transferts vers les communes rurales devraient également augmenter de 110 %.Ralentissement de l'inflation et évolution des prix
Ces mesures interviennent alors que la hausse des prix à la consommation ralentit en Guinée. Selon des données nationales citées pour septembre 2026, le taux d'inflation annuel s'établissait à 5,9 %, contre 6,4 % en juillet de la même année. Entre septembre 2025 et septembre 2026, les prix des transports ont augmenté de 0,1 %. À l'inverse, la catégorie « logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » a enregistré une baisse de 1,4 %.Recettes fiscales et déficit budgétaire
Le gouvernement met également en avant l'amélioration de la mobilisation des ressources publiques. Selon les chiffres présentés par la ministre, les recettes fiscales ont progressé de 8 %, tandis que la pression fiscale a atteint 14,2 % du produit intérieur brut (PIB), contre une prévision initiale de 12,9 %. Le déficit budgétaire est estimé à 2,01 % du PIB.Soutien financier international
Sur le plan du financement, les services du Fonds monétaire international (FMI) ont conclu avec les autorités guinéennes un accord au niveau des services portant sur un programme de 41 mois d'une valeur de 425 millions de dollars. Cet accord reste soumis aux procédures d'approbation du Fonds. Un appui budgétaire supplémentaire est également en préparation avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.