Au début du Salon du livre de Francfort, les représentants du secteur de l’édition français ont exprimé plusieurs inquiétudes, dont la possible suppression du Centre national du livre (CNL), l’influence croissante de l’intelligence artificielle (IA) sur l’industrie éditoriale, le déclin des habitudes de lecture et l’organisation même du salon. Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition (SNE), a qualifié l’ambiance générale de « mauvais vent », une expression inspirée de l’écrivain français Paul Valéry. Des préoccupations similaires ont été partagées par Nicolas Roche de France Livre, Sébastien Bakhouche du ministère de la Culture, ainsi qu’Olivier Lombardie du CNL.
La décision d’inclure le CNL dans une liste d’organismes publics susceptibles d’être supprimés a été qualifiée de « grave erreur » par Nicolas Roche. Il a défendu l’idée que des structures comme le CNL sont indispensables et méritent d’être soutenues. Olivier Lombardie a souligné le rôle international du CNL, notamment son financement de près de 700 000 euros pour 280 projets de traduction en 2025, ainsi que son soutien aux maisons d’édition francophones à l’étranger. Il a également plaidé pour une taxe sur les plateformes numériques afin de financer des initiatives en faveur de la lecture et réclamé un appui accru aux librairies indépendantes.
Vincent Montagne a insisté sur la nécessité pour les décideurs politiques de se pencher sur les enjeux liés à l’IA, affirmant que les lois sur le droit d’auteur devaient être modernisées pour empêcher l’exploitation non rémunérée des contenus par l’IA. Il a salué l’Appel de Francfort, un manifeste appelant à des pratiques équitables et transparentes dans l’utilisation de l’IA, et a appelé à des mesures concrètes pour améliorer les niveaux de lecture, citant 14 recommandations issues d’un colloque sur la littérature jeunesse qui n’ont pas encore été mises en œuvre.
Sébastien Bakhouche a mis en avant des avancées récentes, comme l’adoption par le Conseil d’État d’un tarif minimal de livraison de trois euros, une mesure qui a poussé Amazon à cesser ses livraisons gratuites. L’organisation même du Salon du livre de Francfort a également été critiquée, notamment la journée réservée aux salariés et les coûts imposés aux exposants. Nicolas Roche a exprimé l’espoir que les organisateurs du salon recentrent leurs efforts sur l’enrichissement de l’expérience des éditeurs allemands et le réengagement des éditeurs étrangers qui s’étaient éloignés ces dernières années.
Le stand français du salon présentait 206 maisons d’édition sur 1 200 mètres carrés, avec près de 600 professionnels français présents. Les livres français ont été impliqués dans plus de 13 500 transactions de droits en 2025, soit une légère baisse d’environ 5 %.
Des représentants de l'édition française expriment leurs préoccupations à la Faire du livre de Francfort
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