Les dégâts du cyclone touchent toujours les ports de Mayotte

Près de deux ans après le passage du cyclone Chido à Mayotte, le 14 décembre 2024, les opérateurs maritimes de la région peinent toujours à travailler faute de quais adaptés à Mamoudzou et à Dzaoudzi. Le cyclone a détruit les infrastructures existantes, notamment les quais nécessaires à l'amarrage des bateaux, au transport des passagers et à l'acheminement des marchandises. Bien que certains travaux de reconstruction aient commencé, les ports restent dans un état de délabrement.

Les difficultés maritimes à Dzaoudzi

À Dzaoudzi, les bateaux sont revenus dans le port, mais l'accès par voie d'eau reste un défi quotidien. Le nombre de bateaux a augmenté, mais l'absence d'installations d'accostage adaptées continue de freiner l'activité. Le quai d'urgence installé après le cyclone a constitué une solution provisoire, mais il n'était pas censé durer longtemps.

Les opérateurs maritimes réclament des avancées

Les opérateurs maritimes se disent frustrés par la lenteur de la reconstruction. Le 18 mai 2026, une douzaine de bateaux ont perturbé la circulation des barges entre Grande-Terre et Petite-Terre, et une mobilisation a été annoncée le 6 juillet. Après des négociations avec les autorités, le mouvement a été suspendu, mais les opérateurs l'ont repris le 2 novembre 2026, exigeant des quais fonctionnels et un calendrier clair de remise en état.

Des travaux de reconstruction en cours

Hakim Madi, directeur des ports de Mayotte au Département-Région, affirme que les procédures de reconstruction sont en cours, avec des appels d'offres publics pour le remplacement des quais en cours. À Mamoudzou, les études ont été achevées et des opérations sont en cours pour retirer les obstacles présents en mer. Toutefois, le processus demande du temps et une planification rigoureuse pour garantir des quais à la fois fonctionnels et durables.

Les quais d'urgence nécessitent des réparations

Le quai d'urgence de Mamoudzou est toujours utilisé, mais il est en mauvais état et nécessite un entretien régulier. Il est exposé aux vagues des barges en circulation, ce qui entraîne une dégradation continue. Hakim Madi explique que des réparations urgentes sont nécessaires, notamment avant l'arrivée des navires de croisière, afin d'assurer la sécurité et la fonctionnalité de l'ouvrage.

Le quai d'urgence de Dzaoudzi en cours de réalisation

À Dzaoudzi, l'installation d'un quai d'urgence est également en cours. Le coût estimé se situe entre 90 000 et 250 000 euros, hors taxes. Un premier appel d'offres a été lancé en août, mais le Département-Région a relancé la consultation après avoir reçu une nouvelle offre. Hakim Madi insiste sur la nécessité de prendre le temps de créer des installations plus solides et mieux adaptées.

Les projets à long terme pour les ports

Hakim Madi reconnaît les retards dans la reconstruction et souligne que les travaux publics prennent du temps. Il compare la situation à la reconstruction en cours d'autres bâtiments publics, qui ne sont pas encore entièrement restaurés. Il évoque également la grève en cours au sein de la collectivité, qui a compliqué davantage l'avancement des travaux, tout en assurant que le chantier avance.

La gestion future des ports

Au-delà de la reconstruction, la gestion des futurs ports de plaisance est également à l'étude. Le Département-Région met fin à la délégation de service public confiée à la Chambre de commerce et d'industrie de Mayotte, qui gérait les ports pendant le cyclone. La recherche d'un nouveau gestionnaire devrait débuter dès 2027.

Les ports, symbole de la reconstruction

Pour la population de Mayotte, la lenteur de la reconstruction des ports illustre les difficultés plus larges liées à la reconstruction après le cyclone Chido. Les ports, points d'entrée essentiels vers le lagon, devraient jouer un rôle central dans le développement touristique de la région. À l'approche de la prochaine saison des croisières, le quai d'urgence redeviendra le principal point d'accès des touristes.