Avis d'expulsion émis pour une partie du camp de Tsoundzou 2

Les habitants d'une partie du camp de Tsoundzou 2 ont reçu un délai de 15 jours pour quitter un terrain situé près de la future station d'épuration de Mamoudzou Sud, selon un arrêté administratif daté du 26 octobre. Cet avis prévoit la destruction de plusieurs cabanes sur une bande de dix mètres le long du périmètre du chantier.

Les habitants font face à la surpopulation et à des conditions de vie difficiles

L'expulsion a contraint les habitants à s'installer à l'arrière du camp, déjà surpeuplé et où les conditions de vie sont particulièrement difficiles. Cette zone se trouve près de la rivière Kwalé et est exposée aux inondations causées par les marées et les fortes pluies.

Le préfet demande un départ volontaire

Le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, a demandé aux habitants de quitter volontairement la zone concernée et d'emporter leurs affaires. À défaut, les autorités pourront organiser une évacuation avec le concours des forces publiques. Le projet, mené par LEMA et OTV Veolia, invoque des risques pour la sécurité et d'éventuels retards dans les travaux si la zone restait occupée.

Un dégagement du terrain nécessaire pour le chantier

L'arrêté administratif indique que les travaux de terrassement et d'excavation exigent que le terrain soit libéré. La présence d'habitations à proximité des engins de chantier et des tranchées présente des risques pour les habitants, y compris pour les enfants. L'arrêté interdit également toute nouvelle installation dans la zone concernée.

La station de Mamoudzou Sud vise à améliorer l'assainissement

La station d'épuration de Mamoudzou Sud est conçue pour traiter les eaux usées des quartiers du sud, notamment M'tsapéré et Tsoundzou II. Les travaux ont commencé en mai 2025, après plus de deux décennies de planification, avec un investissement de 20 millions d'euros. Elle devrait traiter une charge polluante équivalant à celle de 23 500 habitants.

Les améliorations de l'assainissement dépendent des infrastructures

La nouvelle station améliorera l'assainissement de la zone, mais ne sera efficace que si les foyers sont raccordés au réseau d'assainissement. Les infrastructures actuelles du sud ne disposent pas d'un système comparable à la station de Baobab, au nord, qui traite les eaux usées de la partie nord de la commune.

Les personnes évacuées peinent face aux inondations et à la surpopulation

Les habitants évacués se sont installés dans la zone de mangroves, déjà surpeuplée et sujette aux inondations. Blondel Mwadjuma, représentante des femmes du camp, souligne qu'il n'y a plus de place disponible pour les nouveaux arrivants, ce qui rend la situation de plus en plus difficile.

Les habitants font face à des difficultés d'accès à l'eau et à l'assainissement

Nadine, une mère de quatre enfants âgée de 36 ans, qui a fui la République démocratique du Congo, décrit les difficultés d'accès à l'eau et aux sanitaires dans le camp. La population approchant les 2 000 personnes, les points d'eau sont insuffisants et des conflits liés à l'accès ont éclaté. Les toilettes sont également rares, et l'aide alimentaire a été réduite en raison de problèmes de financement.

Les demandes d'asile à Mayotte en baisse

Mayotte a enregistré 1 492 premières demandes d'asile en 2025, soit une baisse de 37,2 % par rapport à 2024. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) attribue cette baisse en partie à la fermeture de son antenne de Mamoudzou après le cyclone Chido, bien que ce recul s'inscrive aussi dans une tendance nationale de diminution des demandes d'asile. Les ressortissants de la République démocratique du Congo représentaient la moitié des demandes, suivis par les Somaliens et les Comoriens.