Après quatorze ans, Marc Paquien ressuscite Oh les beaux jours de Samuel Beckett aux Bouffes Parisiens avec les mêmes deux acteurs de la création : Catherine Frot dans le rôle de Winnie et Pierre Banderet dans celui de Willie. La reprise, mise en scène par Paquien, est à l’affiche jusqu’au 1er novembre dans la même salle. Ce retour à la pièce, créée en 2012 au Théâtre de l’Atelier, s’inscrit dans la continuité d’une collaboration artistique déjà bien établie.
Sur le plan de la scénographie, Paquien a expliqué dans un entretien accordé à La Terrasse qu’il admirait le travail initial de Gérard Didier, mais qu’il a choisi de s’associer à Richard Peduzzi, figure majeure de la scénographie contemporaine, connue pour ses collaborations avec Patrice Chéreau. Pourtant, la nouvelle scénographie est jugée quelque peu décevante. Là où Didier avait imaginé des plis basaltiques texturés, Peduzzi propose une grande toile lisse, aux fondations irrégulières. Les effets lumineux, signés Dominique Bruguière, sont également pointés du doigt pour leurs variations étranges, comme l’illusion d’une lune qui croît et décroît.
La mise en scène tente une approche plus minimaliste que l’expressionnisme de la version originale, mais cet effort est en partie compromis par l’exagération du « mamelon », cet élément central chez Beckett qui entoure Winnie. Résultat : Catherine Frot se retrouve affublée d’une silhouette évoquant une duègne ou une chaperonne, ce qui modifie la perception des peurs du texte. Au lieu de craindre la disparition de Winnie sous son monticule, le public pourrait plutôt s’inquiéter de la chute de ses accessoires sur scène.
Catherine Frot doit donc redoubler d’efforts pour restituer l’appréhension attendue et maintenir la tension du spectacle. Le rôle de Winnie est l’un des plus exigeants du théâtre contemporain, non seulement en raison des contraintes physiques imposées au personnage, mais aussi parce que le monologue risque de basculer dans la simple logorrhée. Pourtant, face à une salle partiellement remplie, l’actrice parvient à doser avec justesse tension et maîtrise, restituant avec précision les indications de Beckett. Son interprétation évite l’écueil d’un jeu trop théâtralisé et offre au texte une musicalité délicate, presque polyphonique, comme un écho dans une cloche fêlée, où se mêlent solitude et objets portés.
Reprise de Oh les beaux jours de Samuel Beckett au Théâtre des Bouffes-Parisiens
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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