La question des indemnités approximatives ou des relevés de compteur non vérifiables : le remboursement de la recharge à domicile des véhicules de fonction reste un casse-tête pour les entreprises. Pour faciliter le quotidien des professionnels, la startup stéphanoise Ewera a lancé une application web qui utilise les données du véhicule pour mesurer l’énergie réellement reçue par la voiture de société. Un angle mort de l’électrification des flottes
Selon le baromètre de l’Observatoire de la mobilité Arval 2026, 67 % des entreprises ont déjà intégré des véhicules électriques ou hybrides rechargeables dans leur flotte. Pourtant, un sujet reste peu abordé : la recharge à domicile des salariés. Sur le papier, tout le monde y gagne. Le salarié recharge le soir ou lors de jours de télétravail. L’entreprise rembourse l’électricité à un tarif bien inférieur à celui des bornes publiques. Elle désengorge aussi ses parkings, parfois impossibles à équiper faute de place ou d’abonnement électrique suffisant.
Pour le remboursement des frais engagés par le salarié, certaines entreprises optent pour une indemnité mensuelle. Une solution simple à gérer, mais fragile en cas de contrôle. Aucun forfait spécifique à la recharge n’a encore été publié par l’URSSAF. Pourtant, en principe, tout paiement versé à un salarié est considéré comme une rémunération soumise à cotisations, sauf si l’employeur prouve qu’il s’agit du remboursement exact de frais professionnels réellement engagés. « La question pour les entreprises est : comment éviter de se faire avoir ? » résume Sylvain Bruyas. Cet ancien employé de Mercedes a créé Ewera en octobre 2024. Basée à Saint-Étienne, cette startup de cinq personnes accompagne une trentaine d’entreprises, principalement des ETI, dans leur transition électrique : formation des équipes, gestion des accès et suivi des bornes de recharge sur site. C’est à la demande de ses clients qu’est née l’application dédiée à la recharge à domicile. Elle est testée depuis le début de l’année dans une dizaine d’entreprises.
Une connexion directe au véhicule
Ni boîtier, ni équipement à domicile, et seulement trois minutes pour activer le service… Pour récupérer l’énergie consommée, Ewera se connecte au véhicule via l’API du constructeur et avec l’accord du conducteur. Tous les véhicules électriques sont désormais connectés, et les flottes reposent surtout sur des modèles récents, donc la compatibilité ne pose pas de problème selon le dirigeant. Au-delà des véhicules 100 % électriques, les hybrides rechargeables sont aussi pris en charge. Borne dédiée, prise renforcée ou même prise standard : tant que c’est l’énergie reçue par la voiture qui est comptabilisée, l’équipement de recharge n’a plus d’importance. Un point clé pour les locataires qui ne peuvent pas toujours installer une wallbox. En revanche, l’entreprise fixe un tarif unique au kWh et le remboursement s’effectue à partir de la consommation enregistrée par l’application. Chaque mois, le salarié consulte ses charges et le montant qui lui sera versé. L’employeur, lui, dispose des mêmes données pour l’ensemble des conducteurs.
La solution présente un autre avantage par rapport à la borne de recharge supervisée : seule la voiture de fonction est suivie. Le salarié est libre de brancher celle de son conjoint ou de ses proches sur sa prise sans que cela soit signalé à l’employeur. « On ne piste pas la voiture » Accéder aux données d’un véhicule soulève inévitablement des interrogations chez les salariés et les CSE. Ewera explique avoir résolu le problème en limitant ce qu’elle transmet. L’employeur voit la date et la catégorie de chaque recharge (domicile, site de l’entreprise ou autre), mais ni l’heure ni le lieu des recharges effectuées ailleurs. Les données brutes restent chez Ewera. « Avec une carte carburant, votre employeur sait où, à quelle heure et en quelle quantité vous avez fait le plein. Nous, on vous en dit moins », argue Sylvain Bruyas.
Un outil de gestion pour les responsables de flotte
Au-delà du remboursement, la plateforme offre au responsable de flotte une vision précise de l’usage. Pour chaque conducteur, elle calcule la répartition des recharges entre domicile, sites de l’entreprise et extérieur. « On peut voir que Paul recharge 30 % au sein de l’entreprise, 30 % à domicile et 30 % à l’extérieur, et comprendre si c’est normal », illustre Sylvain Bruyas. L’enjeu est avant tout financier. Selon Ewera, une recharge complète coûte 12 euros à domicile, contre plus de 36 euros sur le réseau public. Chaque point de recharge externe basculé vers le domicile ou le site de l’entreprise se traduit directement dans le budget énergie de la flotte. Les données permettent d’identifier les conducteurs qui abusent des bornes publiques et de les inciter à changer leurs habitudes. Elles servent aussi à mieux orienter les investissements. Un salarié dont la wallbox à domicile coûte entre 1 500 et 2 000 euros, mais qui ne recharge qu’au bureau, révèle un mauvais choix d’équipement. D’autant plus s’il occupe une place qui pourrait être nécessaire à un collègue sans solution de recharge à domicile. « On peut optimiser, comprendre et modifier les comportements, ou décider de faire ou non des investissements », résume le fondateur. Et comme rien n’est installé au domicile du salarié, la question du retrait des bornes à son départ ne se pose plus.
10 euros par mois et par véhicule
Ewera facture 10 euros par mois et par véhicule. Comme souvent, le tarif est dégressif selon la taille de la flotte. En France, la startup affiche des débuts modestes. Elle vise 300 véhicules connectés d’ici fin 2026, puis 1 000 d’ici fin 2027. Un marché déjà disputé
Soutenue par le programme MIND de Saint-Étienne Métropole et Bpifrance, Ewera prépare une levée de fonds pour 2027. La jeune pousse n’est cependant pas seule sur ce créneau. VoltaBack propose une offre similaire : pas de borne connectée obligatoire, ni de câble intelligent ou de boîtier, avec la possibilité de croiser les données du véhicule avec celles du compteur Linky. ChargiZ se connecte aussi directement au véhicule via les interfaces des constructeurs. D’autres acteurs misent, eux, sur l’équipement. Chargemap Business propose un câble connecté développé avec Mister EV et NRGkick, qui commercialise aussi sa propre plateforme de facturation, Charging4Fleets. Virta, de son côté, s’appuie sur une borne ou une wallbox connectée à domicile.
Une startup propose une application web pour suivre les coûts de recharge des véhicules électriques des employés
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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