Le service public face à des transitions majeures

La Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) a publié un bilan stratégique présentant les défis que le secteur public devra relever d'ici 2035-2050. Ceux-ci incluent l'adaptation aux technologies numériques, à l'intelligence artificielle, aux évolutions démographiques, aux changements environnementaux et aux préoccupations croissantes en matière de sécurité.

Progrès numériques et difficultés persistantes

Le rapport souligne que 82 % des démarches administratives peuvent désormais être effectuées en ligne, mais que 44 % des personnes interrogées rencontrent des difficultés pour utiliser ces services. Il conclut que l'accompagnement humain reste indispensable, en particulier pour les publics vulnérables et les situations complexes, et que les outils numériques doivent permettre de libérer du temps aux agents pour un accompagnement personnalisé, plutôt que de les remplacer.

Dépendance aux prestataires informatiques et réinternalisation

La DGAFP constate que l'État dépend fortement de prestataires informatiques externes. Elle recommande d'accroître l'expertise numérique interne à au moins 37 %, conformément aux conseils de la Dinum (Direction interministérielle du numérique). Ce taux est inférieur à la moyenne mondiale de 67 %. Le rapport cite également le vaste plan de numérisation de l'Espagne, qui prévoit la création de 1 700 nouveaux postes de fonctionnaires dans le domaine numérique d'ici 2026.

L'impact inégal de l'intelligence artificielle

Le rapport estime que l'intelligence artificielle affectera les emplois du service public de manière inégale. Plus de la moitié des agents connaîtront peu de changements, tandis que 20 %, soit environ 1,1 million de personnes, seront fortement touchés. L'IA devrait transformer davantage les tâches que les métiers dans leur ensemble, le temps gagné grâce à l'automatisation étant redirigé vers l'expertise, le contrôle et le contact avec les usagers.