Diversifier les espèces sur l'exploitation, un atout

Associer plusieurs espèces au sein d'une même exploitation peut offrir de nombreux avantages, tant économiques que techniques. La diversification des revenus, l'optimisation de l'utilisation des terres et la complémentarité au pâturage figurent parmi les bénéfices que cette pratique apporte aux agriculteurs, à condition de bien préparer leur projet.

Choisir les bonnes races pour l'exploitation

Choisir une race plutôt qu'une autre n'est jamais un hasard. Derrière chaque troupeau, il y a un éleveur qui cherche simplement les animaux les mieux adaptés à sa ferme et à ses ambitions. Souvent, au départ, il n'existe qu'une seule race. Pour Jean-Pierre et Valentin Cante, agriculteurs à Châtillon, dans l'Allier, ce fut la Charolaise.

Se développer avec la volaille

Il y a un an, ils ont décidé de se développer et de construire un bâtiment de 1 500 m² pouvant accueillir 30 000 poulets. « Il nous fallait quelque chose qui ne demande pas trop de temps et qui soit rentable », reconnaît Valentin. Grâce au soutien et aux conseils de l'usine Sanders, un fabricant français d'aliments industriels pour animaux, ils ont pu faire construire ce bâtiment.

Donner la priorité au bien-être animal

Ce bâtiment garantit également un bien-être animal optimal. « Ils méritent d'être aussi bien installés que nous le sommes chez nous », affirme Jean-Pierre, le père. Aujourd'hui, sur leur exploitation de près de 180 hectares, une partie est consacrée à la volaille, un choix qu'ils ne regrettent pas.

Les avantages économiques de la diversification

Le principal intérêt de cette pratique est bien sûr économique. « Le plus grand intérêt est déjà de diversifier les sources de revenus. On ne met pas tous ses œufs dans le même panier : si une production ne fonctionne pas aussi bien qu'une autre, nous aurons de quoi rebondir », explique Lucille Devedeux, conseillère d'entreprise à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme.

Utiliser les terres existantes pour une nouvelle production

L'ajout d'un atelier avicole en complément du troupeau charolais crée une source de revenus supplémentaire, sans nécessiter de terres supplémentaires. Les agriculteurs ont utilisé des terres qui leur appartenaient déjà. « Il a bien fallu faire quelques aménagements, notamment niveler le terrain pour pouvoir y construire le bâtiment, mais l'espace lui-même nous appartenait déjà, il faisait partie de notre exploitation », précise le père.

Diversifier pour assurer l'avenir

Les agriculteurs peuvent choisir de diversifier leurs activités lorsque l'avenir de l'une de leurs productions devient moins favorable ou lorsqu'un équipement important doit être renouvelé. La conseillère cite le cas d'un éleveur laitier : « Si le prix du lait ne suit pas ou si la salle de traite arrive en fin de vie, plutôt que d'investir dans une nouvelle salle de traite, on préférera développer une autre production. »

Des espèces qui cohabitent sur une même exploitation

Toutes les espèces peuvent être élevées ensemble car « de toute façon, elles ne sont pas mélangées au sens propre ; elles évoluent sur des terres différentes mais au sein de la même exploitation », rappelle la conseillère. Il est donc tout à fait possible d'avoir des vaches laitières avec un atelier porcin, des bovins allaitants avec un atelier avicole, des porcs avec une production de céréales...

La complémentarité entre chevaux et bovins

Une association d'animaux peu mise en avant concerne les chevaux et les bovins. Gilles Gapihan, responsable retraité du service viande de l'EDE du Puy-de-Dôme et commissaire équin du Sommet de l'élevage, explique les bénéfices de cette complémentarité entre ces espèces. D'abord, les chevaux permettent un meilleur entretien des prairies : en consommant l'herbe que les bovins ont laissée, ils évitent aux éleveurs d'utiliser un broyeur à fléaux, ce qui réduit les coûts de carburant et le temps de travail.

La complémentarité au pâturage

L'association entre bovins et chevaux offre aussi une complémentarité au pâturage. Ces animaux n'exploitent pas les prairies de la même manière, ce qui permet une meilleure répartition de la matière organique. Enfin, leur présence peut faciliter la gestion du troupeau. Les chevaux peuvent jouer un rôle de « dominants ». Lorsqu'ils se déplacent, les bovins ont tendance à les suivre : « Cela apporte du calme et de la docilité au sein du troupeau », conclut-il.