Une ferme ovine expérimentale française pionnière dans la recherche pour adapter les races rustiques au changement climatique et aux besoins sociétaux, tout en faisant face à la prédation du loup.
Le rôle et l'implantation de Feda-expé
Feda-expé, bras de recherche et développement de Fedatest et de la SAS Races ovines des massifs, fonctionne depuis trois ans comme station expérimentale indépendante. Implantée sur le site de Paysat-Bas, en Haute-Loire, elle sert de centre de référence pour la recherche dans la filière ovine, au bénéfice de la région Grand Sud-Est.Les caractéristiques opérationnelles de la station
La station gère une exploitation de 11 000 brebis sur 125 hectares et emploie cinq personnes. Elle produit chaque année entre 2 000 et 2 400 agneaux. Marion Vedel, directrice de la station, explique que l'activité de l'exploitation finance ses recherches, ce qui permet de s'assurer que les protocoles expérimentaux ne perturbent pas la production.Un accent sur les tests de boucherie et les croisements de races
Pionnière dans les tests de boucherie, la station travaille avec quatre races ovines rustiques : le Berrichon du Cher, le Suffolk, le Rouge de l'Ouest et l'Île-de-France. L'objectif est de sélectionner les béliers destinés à l'insémination artificielle, d'orienter la répartition des races et d'écarter les profils génétiques les moins prometteurs.Faire face à la mammite et aux défis climatiques
La station étudie également la mammite chez les brebis, une cause majeure de réforme. Les chercheurs évaluent des techniques permettant d'en réduire la fréquence. Par ailleurs, ils analysent de nouveaux critères de sélection génétique, tels que la capacité de la brebis à mobiliser ses réserves corporelles, sa résistance aux parasites et la vigueur de ses agneaux, dans le cadre du projet PhénoPasto.Les exigences sociétales et économiques envers les ovins
Dominique Pauc, président de Races Ovines des Massif, souligne la nécessité de disposer d'animaux capables de répondre aux attentes économiques, environnementales et sociétales. Les six races gérées par le collectif concernent 150 éleveurs et 55 000 brebis. Dominique Pauc insiste sur l'importance d'ovins à la fois productifs et résilients face aux difficultés, comme le parasitisme et le changement climatique.L'impact de la prédation du loup sur l'élevage ovin
La prédation du loup décourage de plus en plus les éleveurs de moutons, selon Dominique Pauc. Il observe que cette menace rend difficile le maintien des exploitations et freine l'installation de nouveaux éleveurs. Certains se tournent vers les bovins, les pertes causées par les loups étant plus lourdes pour l'élevage ovin.Les difficultés de l'équilibre entre les priorités
Le défi consiste à concilier performance économique, adaptation aux conditions d'élevage, résistance sanitaire et attentes de la société. Dominique Pauc critique les pouvoirs publics pour ne pas traiter suffisamment la question de la prédation du loup et pour ne pas fournir de mesures de protection efficaces aux troupeaux.L'avenir de l'élevage ovin
Alors que l'élevage ovin est confronté à la fois au changement climatique et à la prédation, le besoin de moutons résilients et économiquement viables devient plus pressant. La collaboration entre Fedatest, la SAS Races ovines des massifs et Copagno illustre les efforts engagés pour accompagner l'adaptation de la filière et la soutenir.