Une ferme française améliore sa productivité et réduit ses émissions en changeant de race ovine et en améliorant ses pratiques de pâturage, avec des bénéfices environnementaux et économiques.
Transition agricole dans l'Hérault
Théo Albaniac et ses deux associés travaillent à améliorer la productivité de leur exploitation ovine depuis 2021, guidés par un diagnostic environnemental. Leurs efforts portent sur la combinaison de meilleures techniques d'élevage et d'une meilleure performance environnementale, dans le but d'une croissance durable.Difficultés et décisions initiales
Lorsque Théo a reçu un diagnostic Cap'2ER de la coopérative Natera, il a décidé de l'utiliser pour améliorer son exploitation. Depuis 2019, il gère la ferme avec son père et son oncle, élevant 400 brebis blanches du Massif central (BMC) et engraissant 2 500 agneaux. Toutefois, la race BMC avait une faible prolificité et une forte mortalité des agneaux, ce qui a conduit à la décision de la remplacer par des brebis Lacaune, pour une meilleure productivité et une meilleure santé des agneaux.Changement de race et améliorations de la productivité
Les associés ont progressivement remplacé les BMC par des brebis Lacaune à viande issues du dispositif GID Lacaune. Ils élèvent aujourd'hui 200 brebis BMC et 400 brebis Lacaune pures. Le diagnostic Cap'2ER a confirmé les bénéfices de ce changement, montrant que la forte mortalité et la faible prolificité passées avaient accru l'empreinte environnementale par agneau. En améliorant ces facteurs, ils visaient à réduire l'utilisation des ressources et les émissions de gaz à effet de serre.Améliorations environnementales et techniques
Pour accroître la productivité tout en réduisant leur impact environnemental, les éleveurs ont revu l'alimentation des brebis, en introduisant davantage de légumineuses comme la luzerne. Ce changement a amélioré la production laitière et le poids des agneaux. Ils ont également renforcé le suivi des agneaux afin de réduire la mortalité. L'exploitation dispose de 110 hectares de prairies, favorables à la biodiversité, même si le pâturage est limité par les pénuries d'eau liées au climat.Résultats et travaux en cours
La combinaison de ces changements a réduit de 6 % les émissions de gaz à effet de serre par agneau. Le taux de mise bas a augmenté de 6 %, la mortalité a diminué de 7 % et les coûts d'alimentation ont baissé. Cependant, la transition vers un troupeau entièrement Lacaune se poursuit et prendra encore 2 à 3 ans. Théo vise à améliorer davantage la prolificité en sélectionnant des brebis et des béliers plus productifs.Commercialisation et contraintes de travail
L'exploitation vend ses agneaux par l'intermédiaire de Natera sous le Label Rouge Agneau Fermier des Pays d'Oc, qui impose des calendriers précis de sevrage et de commercialisation. Les agneaux nés en mai sont vendus en septembre à un prix plus élevé. Malgré ces avantages, le rythme de travail est exigeant, en particulier en mai, lorsque l'agnelage et la récolte du foin ont lieu en même temps.Objectifs futurs et outil Cap'2ER
L'outil Cap'2ER® aide les agriculteurs à évaluer leur performance environnementale et à l'améliorer grâce à des actions ciblées. L'exploitation entend poursuivre cette démarche afin de concilier productivité et durabilité. D'ici 2026, elle prévoit de disposer de 220 hectares, avec 400 brebis Lacaune et 200 brebis BMC, en visant des objectifs environnementaux et économiques à long terme.