Les coûts du carburant pèsent sur les compagnies aériennes

Les compagnies aériennes font face à des difficultés financières en raison de la hausse des prix du carburant, qui compliquent leurs efforts pour passer à des sources d'énergie plus durables. Cette question a été abordée par les dirigeants du secteur aérien lors d'une réunion à Bruxelles les 13 et 14 octobre.

Les prix du kérosène ont fortement augmenté

Les prix du kérosène sont environ 70 % plus élevés qu'il y a un an, selon Marie Owens Thomsen, économiste en chef de l'Association internationale du transport aérien (IATA). Le carburant représente généralement 31 % des coûts de base d'une compagnie aérienne, et cette hausse réduit la marge de manœuvre financière des transporteurs.

Les coûts projetés du carburant sont élevés

Dans ses prévisions de juin, l'IATA a estimé que les coûts du carburant du secteur aérien atteindraient 350 milliards de dollars en 2026, contre 252 milliards de dollars en 2025. L'association a également prévu une marge nette mondiale de seulement 2 %, soit un bénéfice de 23 milliards de dollars.

Les prix élevés du carburant vont perdurer

Roberto Alvo, directeur général de LATAM Airlines, estime que les prix élevés du carburant resteront en place pendant longtemps. Il met en garde contre le caractère irréaliste d'une baisse importante des prix du carburant d'ici 2027, semblable à celle observée en juillet de l'année précédente.

La résistance financière varie selon les compagnies

Toutes les compagnies aériennes ne sont pas également capables de supporter la pression financière causée par les prix élevés du carburant. Roberto Alvo note que certaines disposent d'une base de revenus solide, tandis que d'autres dépendent de clients sensibles aux prix. Il avertit que certaines ont déjà épuisé toutes leurs réserves financières.

Les réserves de trésorerie pourraient entraîner des faillites

Selon l'IATA, la pression sur les réserves de trésorerie pourrait entraîner davantage de faillites et la consolidation du secteur aérien. Une fois les réserves épuisées, les compagnies doivent emprunter, mais un bilan affaibli augmente les coûts de financement et rend la reprise plus difficile.

La croissance du trafic n'élimine pas les risques

Malgré une hausse de 8,3 % du trafic, mesuré en passagers-kilomètres, pour les neuf premiers mois de 2026, le dirigeant du groupe LATAM reste préoccupé par la persistance des coûts élevés.

Le carburant d'aviation durable n'est pas une solution

Les carburants d'aviation durables (SAF) ne contribuent pas actuellement à alléger le fardeau économique des compagnies aériennes. Leur production croît lentement, et leurs prix restent nettement supérieurs à ceux du kérosène traditionnel. Les coûts de production ont également augmenté cette année.

La production de SAF reste limitée

L'IATA estime la production mondiale de SAF à 2,4 millions de tonnes en 2026, ce qui représenterait environ 0,8 % de la consommation de carburant aérien. Le surcoût pour les compagnies aériennes devrait atteindre 4,3 milliards de dollars pour l'année.

Les obstacles réglementaires freinent les progrès

Marie Owens Thomsen critique l'écart entre les objectifs fixés pour le secteur aérien et l'offre disponible de carburants durables. Elle souligne l'insuffisance de l'approvisionnement en carburant et la contradiction des réglementations comme principaux obstacles à l'atteinte des objectifs de durabilité.