Forte hausse de la demande mondiale de fret aérien

La demande mondiale de fret aérien a progressé de 7,7 % en septembre 2026 par rapport au même mois de 2025, selon les données de l'Association du transport aérien international (IATA). Cette croissance est portée par les échanges entre l'Asie et l'Amérique du Nord, l'axe Asie-Amérique du Nord enregistrant la plus forte progression parmi les grands corridors, avec une hausse du trafic de 17 % en septembre.

Le corridor Asie-Amérique du Nord en tête de la croissance

Les échanges internationaux au sein de l'Asie ont également augmenté de 10,2 %, tandis que le trafic entre l'Europe et l'Amérique du Nord a progressé de 9,3 % et celui entre l'Europe et l'Asie de 6 %. Le corridor Europe-Asie connaît son 43e mois consécutif de croissance, ce qui traduit une tendance de fond à l'intensification des échanges entre ces deux régions.

La demande dépasse la progression des capacités

Sur les seules lignes internationales, la hausse atteint 8,6 %. Cette demande se mesure en tonnes-kilomètres de fret, ou TKF : une tonne de marchandises transportée sur 1 000 kilomètres représente 1 000 TKF. Les capacités de transport proposées par les compagnies aériennes croissent plus lentement : elles augmentent de 2,7 % à l'échelle mondiale et de 3,3 % sur les seules lignes internationales.

Le taux de remplissage augmente, les capacités restant en retrait

La demande progressant plus vite que les capacités de fret, l'espace disponible est utilisé plus intensivement. Le coefficient de remplissage mondial, qui mesure le rapport entre le trafic de fret réalisé et les capacités offertes, atteint 47,9 %, contre 45,7 % en septembre 2025. Il gagne ainsi 2,2 points sur un an.

Des performances régionales très contrastées

Pour les neuf premiers mois de 2026, la demande mondiale, mesurée en TKF, progresse de 5 % par rapport à la période de janvier à septembre 2025. Les compagnies nord-américaines affichent la plus forte croissance régionale, avec une demande en hausse de 11,8 %, pour des capacités presque stables, à +0,8 %. Les transporteurs d'Asie-Pacifique suivent, avec une hausse de 8,6 % du trafic et de 4,9 % de l'offre.

Les compagnies européennes voient leur taux de remplissage s'améliorer

En Europe, la demande augmente de 4,5 %, tandis que les capacités reculent de 1,6 %. Le coefficient de remplissage des compagnies européennes gagne ainsi 3,2 points, pour atteindre 54,6 %, le niveau le plus élevé parmi les six régions étudiées. Cela traduit une utilisation plus efficace de l'espace de fret disponible en Europe.

Les liaisons avec le Moyen-Orient continuent de reculer

À l'inverse, les liaisons liées au Moyen-Orient restent en difficulté. Le trafic diminue de 18 % entre l'Europe et le Moyen-Orient et de 10,2 % entre le Moyen-Orient et l'Asie. Ces deux lignes enregistrent un septième mois consécutif de contraction, en raison de la guerre avec l'Iran, qui perturbe les échanges et les transports dans la région.

La flambée du prix du kérosène pèse sur les résultats des compagnies

La forte hausse des prix du kérosène met sous pression la rentabilité des compagnies. En septembre, le prix du carburant d'aviation augmente de 17,5 % par rapport à août et de 103,4 % sur un an, selon l'IATA. Dans le même temps, les recettes unitaires du fret, un indicateur de revenu unitaire, progressent de 25,9 % sur un an.

Les coûts progressent plus vite que les recettes

« Le défi, ce sont les coûts. Les prix du kérosène ont plus que doublé par rapport à l'an dernier, et les recettes unitaires n'ont pas suivi », prévient Marie Owens Thomsen, économiste en chef et directrice du développement durable de l'IATA. « Il ne manque pas de marchandises à transporter, mais le faire de manière rentable, face à des prix du carburant durablement élevés, est devenu plus difficile. »

L'IATA met en garde contre des pressions persistantes sur les coûts

L'IATA anticipe que les prix élevés du fret aérien resteront en place à court terme, en lien avec le coût du carburant, dans le sillage de la situation au Moyen-Orient. Elle souligne également le risque de nouvelles perturbations dans l'approvisionnement en pétrole brut et dans les flux de produits raffinés, dans un contexte d'instabilité géopolitique. Ces facteurs pourraient peser davantage sur la rentabilité des compagnies aériennes.

Commerce mondial et industrie manufacturière restent solides

Les indicateurs économiques cités par l'association restent néanmoins orientés à la hausse. En août, le commerce mondial a progressé de 3,6 % sur un an, enregistrant son 42e mois consécutif d'expansion. L'activité manufacturière mondiale soutient également le fret. En août, l'indice PMI (Purchasing Managers' Index, ou « indice des directeurs d'achat ») de la production manufacturière a gagné 0,7 point pour atteindre 53,8, tandis que celui des nouvelles commandes à l'exportation a progressé de 0,5 point à 51,9.

Un secteur confronté à des défis de coûts malgré la croissance

Selon l'IATA, ces deux indicateurs ont atteint leur plus haut niveau depuis cinq ans. Le secteur aborde ainsi les derniers mois de l'année avec une demande soutenue, mais des coûts d'exploitation qui limitent les bénéfices de cette croissance. Les compagnies aériennes traversent une période de forte demande, tout en peinant à faire face à la hausse de leurs dépenses.