Réexamen de la plaque de l'Homme-oiseau

La plaque de l'Homme-oiseau, un objet en cuivre martelé vieux d'environ 700 ans, pourrait représenter une femme plutôt qu'un guerrier. En 2017, l'archéologue Billie Follensbee et l'historienne de l'art Katie Buford ont réexaminé cet artefact amérindien découvert en Géorgie. Leur interprétation remet en question plus d'un siècle d'interprétations antérieures. Elle éclaire également le rôle de certaines guerrières dans les sociétés mississippiennes.

Découverte et contexte historique

Dans les années 1880, un archéologue de la Smithsonian Institution, John P. Rogan, a découvert deux plaques de cuivre dans un tumulus funéraire à Etowah, en Géorgie. Ce village amérindien abritait plusieurs milliers d'habitants entre les années 1000 et 1550. La plus célèbre, la plaque de l'Homme-oiseau, mesure environ 28 centimètres de hauteur. Elle représente un personnage vêtu d'un costume d'oiseau, tenant une tête coupée et une massue.

Liens culturels et géographiques

Etowah appartenait à la culture mississippienne, tout comme Cahokia dans l'Illinois et Moundville en Alabama. Ces centres partageaient la même tradition rituelle, que les spécialistes désignent sous le nom de complexe cérémoniel du Sud-Est. La plaque aurait été fabriquée à Cahokia, des décennies avant l'enterrement. Elle aurait ensuite été transmise et échangée vers le sud, pour finir par être déposée dans une sépulture de haut rang à Etowah.

Nouvelles perspectives sur les personnages

Les experts considéraient auparavant les deux plaques Rogan comme des guerriers masculins. En réexaminant les figures, les deux chercheuses ont relevé des corps élancés et un sein droit bien marqué. Ce détail anatomique avait jusqu'alors été négligé.