Les candidats français à la présidentielle se concentrent sur les salaires

La plupart des candidats déclarés à l'élection présidentielle française proposent des mesures visant à augmenter les salaires, notamment pour rapprocher le revenu net du revenu brut. Il s'agit de réduire les cotisations sociales, de relever le salaire minimum (SMIC), d'allonger la durée du travail et de défiscaliser les heures supplémentaires. Le plan de chaque candidat varie, mais le thème de l'amélioration des salaires occupe une place importante.

Le gouvernement envisage une hausse modeste du SMIC

Selon le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, aucune décision n'a été prise concernant une éventuelle hausse du SMIC. Le gouvernement envisage toutefois une revalorisation préliminaire de 0,5 %, soit 22 euros par mois, dès le mois de décembre. Cette hausse est très inférieure aux 100 à 150 euros réclamés par les syndicats, et elle intervient dans un contexte de crise budgétaire, de hausse des prix de l'énergie et d'une économie proche de la récession.

Marine Le Pen s'oppose à une hausse du SMIC mais soutient la croissance des salaires

Marine Le Pen s'est historiquement opposée à une hausse du SMIC, estimant qu'elle alourdirait les charges des entreprises. Son programme de 2022 comprenait toutefois des propositions de hausses générales des salaires. En 2023, son parti a soutenu une proposition de loi visant à encourager une augmentation des salaires de 10 %, exonérée de charges afin de réduire les coûts pour les employeurs. Ce texte a été rejeté par l'Assemblée nationale. Elle a également proposé de supprimer les cotisations sociales versées au titre du chômage et des retraites pour les personnes ayant atteint l'âge légal de la retraite qui continuent de travailler.

Jean-Luc Mélenchon veut une intervention de l'État

Jean-Luc Mélenchon plaide pour que l'État joue un rôle plus important dans la hausse des salaires. Il promet de porter le SMIC à 1 700 euros net par mois, soit une hausse de 15 %, et de convoquer une « conférence exceptionnelle sur les salaires ». Une proposition de loi déposée par son parti prévoit l'indexation automatique des salaires du secteur privé sur l'inflation, ainsi que l'alignement de l'allocation de solidarité pour les personnes âgées sur le seuil de pauvreté. Il prévoit également d'augmenter de 10 % les salaires des fonctionnaires, financés en partie par le rétablissement de l'impôt sur la fortune.

Raphaël Glucksmann vise une hausse du SMIC et une baisse de la CSG

Raphaël Glucksmann promet également de porter le SMIC à 1 700 euros net par mois, rectifiant une erreur antérieure de son porte-parole, Sacha Houlié, qui avait affirmé à tort une hausse annuelle de 100 euros. Il prévoit de réduire la CSG pour augmenter les revenus nets et a introduit un barème progressif de CSG dans son contre-budget. Il souhaite également relever la rémunération minimale des stages à 1 000 euros et éviter de financer les hausses de salaires par « le démantèlement du modèle social ».

Édouard Philippe promeut le « travailler plus pour gagner plus »

Édouard Philippe reprend l'approche du « travailler plus pour gagner plus » qui avait réussi à Nicolas Sarkozy en 2007. Il veut permettre aux entreprises de négocier une durée du travail au-delà de la limite hebdomadaire de 35 heures, les heures supplémentaires étant défiscalisées et exonérées de cotisations. Cela pourrait augmenter de plus de 1 000 euros par an le revenu d'un salarié au SMIC travaillant 37 heures par semaine. Il propose également d'augmenter de 20 % les salaires des enseignants sur cinq ans, financée par la réduction du nombre d'enseignants et par la baisse des effectifs scolaires.

Bruno Retailleau plaide pour un seuil de « contribution zéro »

Bruno Retailleau soutient une hausse de la durée du travail avec un seuil de « contribution zéro » fixé à 1 623 heures par an, soit deux jours de travail supplémentaires. Au-delà de ce seuil, les heures supplémentaires seraient exonérées de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu. Les salariés ayant validé tous leurs trimestres avant l'âge de la retraite bénéficieraient d'exonérations de cotisations retraite et chômage. Il promet également une revalorisation du cumul emploi-retraite.

Gabriel Attal propose une réforme du Code du travail

Gabriel Attal affirme que « nos dépenses sociales ne peuvent plus reposer autant sur les Français qui travaillent ». Sa principale mesure pour augmenter le salaire net consiste à réduire les cotisations sociales, compensées par une TVA sociale ou un renforcement de l'assurance chômage. Il affirme qu'il pourrait porter le salaire médian de 2 200 euros à 3 000 euros net en deux décennies. Il propose également de remplacer le Code du travail par une « Constitution du travail », articulée autour d'articles fondamentaux et rédigée en concertation avec les partenaires sociaux et des experts.

Marine Tondelier vise un SMIC plus élevé et des salaires d'enseignants revalorisés

Marine Tondelier, candidate écologiste, entend porter le SMIC à 2 000 euros brut par mois à partir de 2027. Elle veut rassurer les petites entreprises en ajustant les taux de l'impôt sur les sociétés et la taxe sur les salaires. Elle propose également d'augmenter de 15 % les salaires des enseignants et de 10 % ceux des autres fonctionnaires, en les réindexant sur l'inflation. Les écologistes veulent aussi réduire l'écart entre les salaires médians des cadres et des employés, et ramener à 32 heures, sans perte de salaire, la durée du travail pour les métiers les plus pénibles.

Fabien Roussel réclame des hausses de salaires indexées sur l'inflation

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, appelle à une hausse de 5 % des salaires et des pensions inférieurs à 2 500 euros net par mois, ainsi qu'à l'indexation de tous les salaires sur l'inflation. Son programme de 2022 prévoyait un SMIC de 1 500 euros net par mois et une pension minimale de 1 200 euros pour les retraités. Ces revalorisations seraient en partie financées par le rétablissement de l'impôt sur la fortune et par la taxation des bénéfices réalisés par les multinationales. Il a également proposé une allocation d'études de 850 à 1 000 euros, selon la situation.