Les incitations financières et les coups de pouce échouent à réduire le plastique, mais une législation stricte fonctionne, comme au Rwanda et avec les lois françaises anti-gaspillage.
Les incitations financières et les incitations douces ne réduisent pas l'usage du plastique
Des études menées dans le monde entier suggèrent que les incitations financières individuelles et les incitations comportementales douces ont un succès limité dans la réduction de la pollution plastique. Si ces approches visent à encourager des choix plus durables, elles n'entraînent souvent pas de changement de comportement significatif.La France instaure une réduction pour les gobelets réutilisables
En France, une loi promulguée en juillet 2021 oblige les cafés à proposer une réduction aux clients qui apportent leur propre gobelet. Cette mesure, qui fait partie de la loi antigaspillage et pour une économie circulaire, avait pour but de réduire l'usage du plastique. Cependant, des initiatives similaires ont donné des résultats mitigés dans la pratique.Les nudges et leurs limites
Un nudge est une stratégie qui modifie l'environnement de choix pour influencer le comportement, sans interdire d'options ni offrir de récompense financière. Ce concept, développé par Richard Thaler et Cass Sunstein, a été utilisé dans diverses politiques, notamment celles liées à l'économie circulaire. Toutefois, des études montrent que les nudges ne s'attaquent souvent pas aux problèmes structurels plus profonds et peuvent parfois entraîner des effets indésirables.Une étude de Hong Kong sur les gobelets réutilisables
Une étude menée dans 223 cafés de Hong Kong entre 2018 et 2019 a révélé que proposer de petites réductions aux clients apportant des gobelets réutilisables n'augmentait pas sensiblement leur utilisation. Bien que près de 80 % des cafés proposent de telles réductions, la proportion de clients utilisant des gobelets réutilisables n'a pas augmenté et a même légèrement diminué dans certains cas.Un effet d'exclusion observé
Dans les cafés proposant des réductions, les clients non éligibles à la réduction (parce qu'ils n'avaient pas apporté leur propre gobelet) étaient plus susceptibles d'utiliser des gobelets jetables. Cet effet d'exclusion suggère que la valeur perçue des gobelets réutilisables a pu être diminuée par la présence de réductions réservées à d'autres.Une cohérence des résultats à l'échelle mondiale
Les résultats de Hong Kong concordent avec des études similaires menées au Royaume-Uni, au Brésil et au Canada, où les incitations financières douces et les nudges informatifs n'ont pas réussi à détourner les consommateurs des emballages jetables. Dans ces cas, les habitudes et la commodité ont souvent pesé davantage que l'influence de faibles incitations.La nécessité de réglementations plus strictes
Ces constats soulignent la nécessité de politiques plus rigoureuses pour réduire efficacement la pollution plastique. Dans l'Union européenne, une directive sur les plastiques a été mise en œuvre en 2019, conduisant à l'interdiction de dix articles plastiques à usage unique en France en 2021. Des interdictions similaires au Rwanda et en Californie ont également permis de réduire les déchets plastiques.Le contre-discours de l'industrie plastique
Malgré ces efforts réglementaires, l'industrie plastique continue d'influencer la perception du public. Des campagnes comme Too Much, lancée en 2026 par Polyvia, visent à déplacer la responsabilité de la production de plastique vers son élimination. Pourtant, les risques sanitaires et environnementaux de la pollution plastique sont bien documentés et ne peuvent être ignorés.