Licenciement contesté par un salarié

M. Q. a été employé par la société G. par l'intermédiaire de l'association P. du 2 janvier 2012 au 18 avril 2019. Son contrat a été rompu le 16 avril 2019 pour une faute grave présumée, ce qui l'a conduit à saisir le conseil de prud'hommes.

Fondement juridique de la liberté d'expression

M. Q. a fait valoir que son licenciement portait atteinte à sa liberté d'expression, protégée par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et par l'article 10 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ces dispositions permettent aux salariés d'exprimer leur opinion sur les conditions de travail et le fonctionnement de l'entreprise, y compris en dehors du lieu de travail.

Limites à la liberté d'expression

Si la liberté d'expression est protégée, l'article L. 1121-1 du Code du travail autorise néanmoins des restrictions lorsqu'elles sont justifiées par la nature des fonctions du salarié et proportionnées au but recherché par l'employeur. Ce dernier peut imposer des limites lorsque les propos du salarié perturbent le fonctionnement de l'entreprise ou nuisent à ses intérêts.

Nature de la faute alléguée

L'employeur soutenait que M. Q. avait écrit dans un courriel « votre amateurisme me laisse sans voix » et menacé d'informer les salariés d'un conflit avec les ressources humaines (RH). La cour d'appel de Douai (Nord) a jugé en 2024 que ces propos étaient inappropriés et justifiaient son licenciement, tout en estimant que les messages du responsable des ressources humaines n'étaient pas offensants.

La Cour de cassation casse la décision

Le 9 septembre 2026, la Cour de cassation a cassé la décision des juges du fond, en se référant à une grille d'évaluation établie plus tôt en 2026. Elle a rappelé que les juges doivent mettre en balance la liberté d'expression du salarié avec la nécessité, pour l'employeur, de protéger ses intérêts, en tenant compte du contenu, du contexte et de l'impact des propos.

Le raisonnement de la Cour

La haute juridiction a constaté que la cour d'appel n'avait pas correctement apprécié le contexte conflictuel, la portée et l'impact des propos de M. Q., ni si le licenciement était nécessaire et proportionné. Cette affaire illustre l'équilibre délicat entre les droits des salariés et la protection des employeurs dans les litiges du travail.