La plus haute juridiction française juge que le licenciement de salariés pour liberté d'expression exige une stricte mise en balance des intérêts, et non le seul contexte.
Une cour française précise les critères de l'abus de liberté d'expression
La Cour de cassation française a précisé que, lorsqu'un juge détermine si un salarié a abusé de sa liberté d'expression, il doit recourir à une méthode qui met en balance des intérêts divers. Cela implique d'examiner le contenu des propos, le contexte dans lequel ils ont été tenus, leur impact au sein de l'entreprise, et si la sanction prise par l'employeur était nécessaire et proportionnée.Fondement juridique de la liberté d'expression
La liberté d'expression est protégée comme droit fondamental en France par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Elle est également protégée par l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, et le Code du travail soutient le droit des salariés à exprimer leur point de vue sur leurs conditions de travail et sur l'organisation de celui-ci.Une affaire révèle les failles de décisions antérieures
Dans une affaire précise, un salarié a été licencié en 2019 pour avoir envoyé deux courriels jugés abusifs. La cour d'appel a d'abord confirmé le licenciement, mais la chambre sociale a ensuite annulé cette décision, relevant que le juge n'avait pas correctement examiné le contexte, l'impact et la proportionnalité de la sanction.Le contexte et les conséquences comptent dans les demandes pour abus
La Cour de cassation a souligné que la liberté d'expression d'un salarié ne peut justifier un licenciement que si elle implique un abus, tel que des injures ou une diffamation. Les juges doivent établir qu'un tel abus a effectivement eu lieu avant de statuer sur le licenciement. La cour a insisté sur le fait que le contexte, le degré de publicité des propos et leurs destinataires sont des éléments importants pour apprécier la gravité de ces propos.Les conversations privées au travail peuvent tout de même entraîner une sanction
La cour a également précisé que les conversations privées sur le lieu de travail ne protègent pas toujours les salariés contre une sanction disciplinaire. Dans une décision de 2026, elle a affirmé que des propos graves visant des collègues ou des responsables, même s'ils n'étaient pas destinés à être rendus publics, pouvaient tout de même motiver une sanction disciplinaire s'ils affectaient de manière significative le bien-être des salariés.Les juges doivent apprécier la proportionnalité des décisions de l'employeur
La jurisprudence de la cour impose désormais aux juges d'évaluer si la sanction disciplinaire prise par l'employeur était nécessaire, appropriée et proportionnée à l'objectif qu'elle visait. Cela implique d'examiner le contenu des propos, le contexte dans lequel ils ont été tenus, et les conséquences qu'ils ont eues pour l'employeur.