L'IA d'OpenAI a résolu 719 problèmes mathématiques complexes en quelques heures, stupéfiant les mathématiciens et soulevant des questions sur l'avenir de la recherche.
OpenAI publie 719 articles de mathématiques
Le 6 octobre, l'entreprise américaine d'intelligence artificielle (IA) OpenAI a publié 719 manuscrits contenant des solutions à des problèmes mathématiques très complexes, tous générés en quelques heures seulement. Cette production sans précédent a stupéfié la communauté mathématique, car elle dépasse largement le rythme de production de n'importe quelle institution universitaire.Les mathématiciens réagissent avec surprise et admiration
Cédric Villani, médaillé Fields, souvent comparé au prix Nobel de mathématiques, a fait remarquer qu'aucune université au monde ne produit des mathématiques de haut niveau à un tel rythme. Hugo Duminil-Copin, un autre médaillé Fields français, a avoué être ému et affirme qu'il aurait été ravi de démontrer ne serait-ce qu'un seul de ces problèmes.Les mathématiciens s'interrogent sur l'avenir de la recherche
Après le choc initial, Duminil-Copin s'est dit intéressé par l'exploration du « lendemain », suggérant une possible réinvention de la manière dont la recherche est menée grâce à l'IA. En mathématiques, certains pensent qu'un problème est « terminé » une fois la démonstration achevée, mais c'est une idée fausse. Le véritable travail commence souvent après la preuve, avec de nouvelles questions et idées qui émergent du processus.L'IA ne possède pas les qualités nécessaires pour poser des questions
Si l'IA peut désormais résoudre des problèmes complexes, elle ne pose pas de questions, et elle ne le fera probablement jamais. Pour poser des questions, il faut de l'intuition, de la conscience et de la curiosité, des qualités que l'IA ne possède pas actuellement. Le pape Léon XIV a mis en garde, dans son encyclique Magnifica humanitas, contre une IA qui pourrait « éteindre le désir de poser des questions ».Le progrès humain repose sur le questionnement et la résolution de problèmes
Notre humanité a progressé grâce à ceux qui posent des questions comme à ceux qui les résolvent. Cependant, pour continuer à questionner, il est essentiel de conserver un esprit agile et formé, qui ne s'en remette pas trop à l'IA ni ne lui délègue toutes les tâches. Valérie Rabault, ancienne première vice-présidente de l'Assemblée nationale et actuelle conseillère départementale de Tarn-et-Garonne, insiste sur ce point. Cette chronique ne reflète pas la ligne éditoriale ni la rédaction de Réforme.