La COP17 s'ouvre à Erevan

La 17e Conférence mondiale sur la biodiversité (COP17) s'est ouverte à Erevan, en Arménie, avec la participation de près de 200 pays réunis pour tenter de ralentir la dégradation de la nature. La conférence est organisée sous l'égide des Nations unies et s'inscrit dans le prolongement de l'accord de Kunming-Montréal, qui a fixé 23 objectifs en matière de biodiversité à atteindre d'ici 2030.

Un objectif clé vise les subventions néfastes

L'un des 23 objectifs fixés par l'accord de Kunming-Montréal consiste à réduire d'au moins 500 milliards de dollars par an les subventions environnementales néfastes. Ces subventions, dont le montant est actuellement estimé à 2 600 milliards de dollars par an, comprennent notamment le soutien accordé à des secteurs qui endommagent les écosystèmes, comme les énergies fossiles et certaines pratiques agricoles.

Des difficultés pour atteindre les objectifs

Selon des rapports récents, les progrès accomplis pour atteindre ces objectifs restent limités. Céline Beaulieu, responsable des partenariats avec le secteur public au WWF, a souligné que les subventions néfastes peuvent anéantir les progrès réalisés dans le financement des efforts de conservation. Elle a insisté sur la difficulté de réduire ces subventions, en particulier dans un contexte économique difficile.

Les dirigeants insistent sur la nécessité d'une réforme

La ministre chinoise de l'Environnement, Huang Runqiu, a appelé à remédier aux « maillons faibles » de la protection de la biodiversité, notamment en réformant les subventions néfastes. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a comparé le fait de subventionner les énergies fossiles à « subventionner le suicide » lors d'un sommet des dirigeants, soulignant l'urgence de réorienter les soutiens financiers vers des pratiques durables.

Les subventions néfastes restent très répandues

Le président du WWF, Adil Najam, a relevé que les subventions néfastes sont largement répandues et difficiles à réduire, qu'il s'agisse des produits agrochimiques ou de la production d'énergies fossiles. Si ces subventions visent à soutenir l'emploi et la croissance économique, leurs effets négatifs sur l'environnement l'emportent souvent sur leurs bénéfices, selon M. Najam.

La perte de biodiversité se poursuit

Malgré l'urgence, la perte de biodiversité se poursuit, avec des extinctions d'espèces, la dégradation des forêts et des récifs coralliens, ainsi que la multiplication des catastrophes naturelles. La conférence abordera également les engagements financiers, notamment l'aide destinée aux pays en développement, qui demeure un déficit majeur dans les efforts mondiaux de protection de la biodiversité.

L'Arménie espère des avancées

Le ministre arménien de l'Environnement, Hambardzum Matevosyan, qui préside la COP17, a exprimé l'espoir que la conférence permette de surmonter les divergences et d'aboutir à des résultats concrets. Le sommet précède de trois semaines la conférence sur le climat COP31, en Turquie, et les discussions sur le financement et la réforme des subventions devraient occuper une place centrale dans les deux événements.