La COP17 s'achève à Erevan

La 17e Conférence mondiale sur la biodiversité (COP17) s'est achevée à Erevan, en Arménie, sur une reconnaissance internationale de la nécessité d'accélérer les efforts pour atteindre les objectifs de biodiversité d'ici 2030, mais les décisions clés sur le financement ont été reportées.

Thèmes principaux et progrès limités

La conférence a donné lieu à de grandes déclarations et à de modestes avancées, notamment des appels à « accélérer » la mise en œuvre des objectifs visant à enrayer l'extinction des espèces d'ici 2030. Toutefois, les discussions ont été entravées par des désaccords, en particulier sur la question du financement.

Les objectifs de Kunming-Montréal face à des difficultés

En 2022, l'accord de Kunming-Montréal a fixé 23 objectifs en matière de biodiversité pour 2030. Un bilan à mi-parcours présenté à la COP17 a conclu que la plupart de ces objectifs risquent de ne pas être atteints à moins que les efforts mondiaux ne soient considérablement intensifiés.

Appels à davantage d'ambition

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a exprimé sa déception face au manque d'ambition de l'accord final et a noté que certaines délégations ont remis en cause des données scientifiques. Elle a insisté sur la nécessité d'une action collective plus forte.

Protéger 30 % des terres et des mers

L'un des objectifs les plus importants de l'accord de Kunming-Montréal est de protéger 30 % des terres et des mers du globe d'ici 2030. Selon les estimations, les engagements actuels ne permettraient d'atteindre que 27 % des terres et 12 % des mers à cette échéance.

Efforts de restauration des écosystèmes

Un autre objectif clé est la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés d'ici 2030. Un rapport de l'ONU indique que 252 millions d'hectares étaient en cours de restauration en 2026, mais que l'atteinte de l'objectif de 30 % nécessiterait de tripler les efforts actuels et de quadrupler le financement.

Le financement, principal obstacle

Malgré les promesses de 200 milliards de dollars par an d'ici 2030 pour soutenir les actions en faveur de la biodiversité, seuls environ 80 milliards de dollars sont actuellement disponibles. Les pays développés se montrent réticents à créer de nouveaux mécanismes de financement, tandis que les pays en développement réclament un soutien accru.

Élargir la liste des pays contributeurs

Seuls 25 pays sont actuellement tenus de soutenir la biodiversité dans les pays en développement. Les efforts pour étendre cette liste se sont heurtés à la résistance des économies émergentes. Un compromis a été trouvé, permettant aux pays non contributeurs d'informer volontairement le secrétariat.

La biopiraterie et le fonds Cali

Des entreprises exploitent depuis longtemps les ressources génétiques des pays en développement, une pratique connue sous le nom de « biopiraterie ». Un fonds créé lors de la COP16 pour répondre à ce problème n'a reçu jusqu'à présent qu'un soutien minimal. Un nouveau compromis vise à rendre le fonds plus attractif pour les entreprises.

L'engagement de la France sur la réduction des subventions nuisibles

La France a annoncé un plan visant à réduire de 16 % d'ici 2030 les subventions nuisibles à la biodiversité, estimées à 11,2 milliards d'euros en 2025. Cette démarche s'inscrit dans les objectifs mondiaux visant à réduire de 500 milliards de dollars par an, d'ici 2030, les incitations néfastes pour la biodiversité.

La COP18 se tiendra en Équateur

La COP18 aura lieu en 2028 en Équateur. La conférence portera sur les questions de financement, reportées depuis longtemps, ainsi que sur d'autres défis liés à la biodiversité. La communauté internationale devra traiter ces sujets à Quito.