Des récentes décisions de justice mettent en lumière la réponse apportée aux violences commises dans les pharmacies, tandis que le rôle de l’Ordre dans les procédures engagées après une agression mérite d’être mieux compris. Les démarches à suivre après une menace ou une violence s’inscrivent dans un cadre précis, et plusieurs dispositifs permettent d’anticiper les risques et de renforcer la sécurité des équipes.
Deux affaires récemment jugées illustrent la réponse judiciaire face aux violences en officine. Dans le Doubs, un individu masqué et armé a cambriolé deux pharmacies les 28 novembre 2025 et 1er avril 2026. Après avoir dérobé de l’argent et plusieurs médicaments, dont des spécialités à base de codéine, il s’est livré à des actes de violence envers les équipes. Les victimes ont décrit les conséquences durables de ces agressions sur leur vie personnelle et professionnelle. Le 17 juin 2026, le tribunal pour enfants de Besançon l’a condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, assortis d’un mandat de dépôt. Il devra également indemniser les pharmaciens victimes pour leur préjudice moral. L’action de l’Ordre, qui s’est constitué partie civile pour défendre le préjudice collectif subi par la profession, a été jugée recevable.
À Orléans, un pharmacien a été menacé le 6 mai 2025 par un individu armé exigeant la remise de benzodiazépines sans ordonnance. Une préparatrice a également été insultée et a reçu un crachat au visage. Le 19 janvier 2026, le tribunal correctionnel d’Orléans a condamné l’auteur à huit mois de prison et à une interdiction de paraître dans la pharmacie pendant trois ans. Les parties civiles ont été indemnisées, et l’action de l’Ordre a là aussi été déclarée recevable.
Pour le Cnop, ces deux affaires rappellent surtout l’importance de déposer plainte pour permettre une réponse pénale adaptée. Une victime d’agression doit d’abord signaler les faits à l’Ordre. Le signalement peut être effectué depuis le compte personnel du pharmacien sur le site du Cnop. Il permet de documenter les agressions dont les pharmaciens et leurs équipes sont victimes. Le signalement peut aussi déclencher l’accompagnement du réseau des référents sécurité, qui peuvent répondre aux questions des pharmaciens et les guider dans leurs démarches, notamment lorsqu’ils envisagent de porter plainte. Le Cnop rappelle que ce réseau est à la disposition des professionnels confrontés à une situation de menace ou d’agression.
Le signalement à l’Ordre ne se substitue pas à un dépôt de plainte auprès des forces de l’ordre. Ces deux procédures poursuivent des objectifs distincts. Le signalement permet à l’Ordre de suivre et de documenter le phénomène ; la plainte permet de saisir la justice. Les chiffres publiés par l’Ordre révèlent qu’il reste une marge de progression significative. En 2025, 468 agressions ont été signalées au Cnop, dont 451 en officine. Pourtant, seulement 28,8 % des faits signalés ont donné lieu à un dépôt de plainte. La sous-déclaration reste donc importante.
Se constituer partie civile permet à la victime de faire valoir son préjudice dans le cadre de la procédure pénale et d’en demander réparation. Les deux décisions mises en avant par le Cnop montrent également que l’Ordre peut lui-même se constituer partie civile. Cette intervention vise à défendre le préjudice collectif subi par la profession lorsque les faits portent atteinte à l’exercice de la pharmacie. Dans les deux affaires récentes, l’action de l’Ordre a été jugée recevable. Le pharmacien victime doit, dans la mesure du possible, conserver les éléments permettant de documenter les faits : circonstances précises de l’agression, témoignages, éventuelles blessures ou consultations médicales, conséquences sur l’activité et éléments prouvant le préjudice subi. Le traumatisme ne doit pas être minimisé en l’absence de blessure physique. En 2025, 380 signalements mentionnaient un impact psychologique, soit plus de 83 % des agressions recensées par l’Ordre.
La prévention constitue l’autre volet de la démarche. Le titulaire peut demander un audit sécurité gratuit auprès de la police nationale ou de la gendarmerie. Le référent sécurité examine notamment les accès, l’environnement extérieur, la vidéosurveillance, les produits sensibles et l’organisation de l’officine, puis formule des recommandations adaptées. L’audit couvre également les espaces de vente, le comptoir, les zones réservées au personnel, la préparation des ordonnances et le stockage des médicaments. Il est recommandé de prévoir environ 1 h 30 à 2 heures pour la visite. Le pharmacien peut aussi se rapprocher des forces de l’ordre. En zone gendarmerie, les dispositifs Opération tranquillité entreprises et commerces (Otec) et la base SIDPP permettent notamment de signaler une profession menacée. En zone police, une inscription dans Pégase peut être demandée auprès du commissariat local. La formation des équipes à la gestion des conflits et des agressions représente un autre levier. Elle permet de travailler sur les techniques de désamorçage et les réflexes à adopter face à un comportement agressif.
Le Cnop rappelle enfin qu’il met à disposition des pharmaciens une série d’outils sur les agressions, les vols et les situations difficiles : le livret « Réflexes après une agression », des conseils de sécurité, une affiche sur les peines encourues, une FAQ et un schéma présentant les différentes étapes à suivre après une agression. Pour le titulaire, le manuel d’usage peut donc se résumer en quelques réflexes : sécuriser les personnes, faire constater les éventuelles conséquences, signaler l’agression à l’Ordre, déposer plainte, conserver les éléments utiles au dossier et solliciter un référent sécurité. En amont, un audit sécurité et une préparation des équipes permettent de réduire les vulnérabilités. Au-delà des deux décisions de justice, le message du Cnop est clair : une menace ou une agression ne doit pas être banalisée ni laissée sans suite. Le signalement permet de documenter les faits. Quant à la plainte, elle ouvre la voie à une réponse judiciaire, et l’accompagnement de l’Ordre peut aider le pharmacien à traverser les différentes étapes.
Des pharmaciens appelés à signaler les menaces et violences après des décisions judiciaires
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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