Forte baisse de la consommation de carburant en France

En 2026, la France a connu une baisse notable de sa consommation de carburant, qui a vidé les stations-service et perturbé le budget des automobilistes. La diminution de l'usage de l'essence et du gazole a eu des conséquences plus graves que prévu : les pleins sont devenus moins fréquents et les files d'attente aux stations plus courtes qu'à l'habitude.

Les livraisons de carburant routier reculent nettement

Selon le Comité professionnel du pétrole (CPDP), les livraisons de carburant routier en septembre 2026 ont atteint 3,850 millions de mètres cubes, soit une baisse de 3,9 % par rapport à l'année précédente. Sur les neuf premiers mois de 2026, le recul atteint 4,8 %, ce qui marque six mois consécutifs de baisse des livraisons de carburant.

Une ruée anticipée avant la hausse des prix

En mars 2026, juste avant une nouvelle hausse des prix, la France a enregistré un pic de consommation, avec 3,865 millions de mètres cubes livrés, soit une hausse de 1,1 % par rapport à mars 2025. Les paiements par carte bancaire ont dépassé les 6 millions de transactions par jour les 2 et 3 mars, signe que de nombreux automobilistes avaient fait le plein par anticipation de prix plus élevés.

La consommation de gazole chute tandis que l'essence progresse

Derrière la baisse globale de la consommation de carburant, deux tendances opposées se dessinent. En septembre 2026, les livraisons de gazole ont reculé de 7 % par rapport à l'année précédente, tandis que celles d'essence ont augmenté de 2,3 %. Sur les neuf premiers mois de 2026, la consommation de gazole a diminué de 7,5 %, alors que celle d'essence a légèrement progressé, de 0,6 %.

Le gazole devient plus cher et moins prisé

Le gazole séduit moins d'automobilistes en raison d'une hausse de prix nettement plus forte que celle de l'essence. Sur un an, le prix du gazole a augmenté d'environ 41 %, contre 24 % pour l'essence. Ce changement a rendu le gazole moins attractif, en particulier pour les conducteurs qui l'utilisent fréquemment pour leur travail ou sur de longues distances.

La sensibilité des prix influence les habitudes de conduite

Les études montrent que la demande de carburant baisse en réponse à la hausse des prix : une augmentation de 1 % des prix entraîne une diminution de 0,2 à 0,4 % de la consommation. Cet effet est plus marqué chez les petits consommateurs et pour les déplacements non essentiels, ce qui se traduit par des week-ends annulés, moins de visites familiales et une baisse des voyages de loisirs, tandis que les trajets domicile-travail et professionnels restent inchangés.

L'État fait face à des pertes de recettes liées à la baisse des ventes de carburant

Le recul de la consommation a pesé sur les recettes publiques, les taxes sur les carburants constituant une source de revenus majeure. Avec des taxes d'environ 0,61 euro par litre pour le gazole et 0,67 euro pour l'essence, la baisse des ventes entraîne une perte estimée à 1,5 à 1,7 milliard d'euros par an. Le gouvernement a répondu en étendant ses aides et en libérant des réserves stratégiques de gazole afin d'alléger la charge pesant sur les automobilistes.

Mesures pour stabiliser le prix et l'usage du gazole

Pour amortir l'impact sur les automobilistes, le gouvernement a activé un plan de libération de 1,6 million de mètres cubes de réserves stratégiques de gazole, dans l'objectif de faire baisser les prix de 12 à 18 centimes par litre. Cette mesure vise à soutenir les utilisateurs de gazole, même si la part du gazole dans les carburants routiers continue de reculer, en raison de la montée des véhicules essence, hybrides et électriques.