Hausse des prix des carburants : une ruée en mars 2026

En mars 2026, les consommateurs français se sont précipités dans les stations-service avant une hausse des prix, provoquant un afflux de demande comparable à une ruée bancaire. Ce comportement était motivé par l'anticipation d'une hausse des prix des carburants, survenue après le lancement d'une opération militaire des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a conduit au blocage du détroit d'Ormuz.

Les prix des carburants augmentent fortement

Les prix des carburants ont progressé de 17 % en mars 2026, et de 25 % à la fin du mois par rapport à la fin février 2026. Les paiements par carte bancaire dans les stations-service ont doublé en 48 heures, avec plus de 6 millions de demandes d'autorisation de paiement enregistrées les 2 et 3 mars 2026.

La demande de carburant chute fortement en septembre 2026

En septembre 2026, alors que le prix du gazole atteignait 2,41 euros le litre, la consommation de carburant en France a baissé de 30 % en dix jours. Ce recul traduit un ajustement rationnel de la demande face à des prix élevés.

Les modèles économiques expliquent le comportement des consommateurs

Selon les études de l'Insee, lorsque les prix augmentent de 1 %, les volumes de carburant achetés diminuent de 0,21 % à 0,40 % à court terme. Ces deux comportements contrastés mettent en évidence des mécanismes différents : en mars, les ménages anticipaient une hausse, tandis qu'en septembre, ils réagissaient à des prix déjà élevés.

L'élasticité de la demande de carburant

Le phénomène ressemble à une « ruée bancaire », décrite par les économistes Douglas Diamond et Philip Dybvig, où des individus agissent par crainte que d'autres ne prennent les devants. Dans le cas des prix des carburants, les consommateurs craignaient de nouvelles hausses et ont rempli leurs réservoirs avant la hausse annoncée. En revanche, lorsque les prix étaient déjà élevés en septembre, les consommateurs ont fortement réduit leur consommation.

Les recettes de l'État affectées par les variations des prix des carburants

L'État français a subi une baisse des recettes liées aux carburants, avec une diminution de 383 millions d'euros à fin septembre 2026 par rapport à la même période de l'année précédente. Bien que les recettes de TVA aient augmenté de 798 millions d'euros, les taxes intérieures sur les carburants ont diminué de 1,18 milliard d'euros. Le gouvernement a écarté des mesures telles que des baisses d'impôts ou un plafonnement des prix, en raison d'un déficit public important.

Incertitude sur le comportement futur des consommateurs

Si les prix devaient encore augmenter, il reste incertain que les consommateurs se précipitent à nouveau pour faire le plein par crainte de hausses futures, ou qu'ils réduisent encore davantage leur consommation. Les réactions contrastées observées en 2026 éclairent le comportement des consommateurs, mais ne permettent pas de prédire avec certitude les réactions futures.